Les politiques monétaires ultra-accommodantes ont atteint leur limite
Les politiques monétaires non conventionnelles menées par les banques centrales depuis près de 5 ans pour juguler la crise ont atteint leurs limites, indique la Banque des règlements internationaux (BRI) dans son 83ème rapport annuel publié hier. Alors que la Réserve fédérale américaine a annoncé la semaine dernière une diminution de son programme de rachat d’actifs d’ici fin 2013, la BRI estime que les banques centrales, dont les bilans ont pratiquement triplé en en 5 ans, n’ont pas vocation à résoudre les problèmes structurels qui font obstacle au retour d’une croissance économique forte et durable.
La «période de répit» qu’elles ont fait naître «doit être utilisée avec discernement» par les acteurs de l’économie, a souligné Stephen Ceccheti, responsable de la division économique et monétaire de la BRI. Or les progrès dans les réformes économiques et financières engagées par les gouvernements afin de favoriser la productivité et l’emploi ont été «épars», regrette l’institution qui met en avant «le risque d’une détérioration du sentiment de marché».
Mais la normalisation des politiques monétaires n’est pas non plus exempte de risques. «Dans la mesure où les banques étrangères et nationales figureraient parmi ceux qui subiraient les pertes, une hausse des taux d’intérêt comporte un risque pour la stabilité du système financier s’il n’est pas mené avec une grande attention», avertit la BRI, en précisant que les politiques de couvertures contre une hausse des taux avaient un effet limité. Selon ses calculs, une envolée des rendements de 3% sur toutes les échéances entraînerait des pertes pour les détenteurs américains d’obligations (hors Réserve fédérale) de plus de 1.000 milliards de dollars, soit 8% du produit intérieur brut.
Le ratio de pertes potentielles par rapport au PIB atteindrait des niveaux records dans la plupart des économies avancées, puisqu’il serait compris entre 15 et 35% en France, en Italie, au Japon et en Grande-Bretagne. Cette incidence est d’autant plus importante que la hausse des dépenses de santé et de retraite met sous pression la dette publique de nombreux pays industrialisés. Aux Etats-Unis, ces dépenses devraient augmenter de 9 points de PIB d’ici 2040.
La BRI a par ailleurs indiqué que son directeur général Jaime Caruana prolongerait de trois années supplémentaires sa présence à la tête de l’institution à l’issue de son mandat de cinq ans qui expire en mars 2014.
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