Les performances des IPO 2014 en France ne sont pas flatteuses
A l’image de l’ensemble de l’Europe, 2014 aura été une année particulièrement fructueuse pour les introductions en Bourse (IPO) en France, malgré le coup d’arrêt qu’elles ont connu en fin d’année. Même s’ils sont essentiellement concentrés sur le premier semestre, les 5,3 milliards d’euros placés l’année dernière représentent plus du triple du montant de 2013, selon les chiffres de Dealogic.
Mais les performances des sociétés nouvellement admises à la cote n’ont pas été à la hauteur des espérances de leurs initiateurs: sur les 25 entreprises cotées l’année dernière recensées par Dealogic, seuls les cours de Coface, Euronext, GTT (voir tableau) et, pour les small et midcaps, Crossject et TxCell ont progressé depuis le jour de leur introduction.
Plusieurs facteurs expliquent cette déconvenue. D’abord, une conjonction de l’offre et de la demande. «Depuis plusieurs années, de nombreux fonds de private equity et groupes industriels attendaient une fenêtre de marché favorable pour sortir certaines participations de leur portefeuille», indique Arnaud d’Aligny, gérant actions chez Sycomore AM. La vigueur du marché actions et les performances boursières des midcaps début 2014 ont conduit les vendeurs à formuler des ambitions de valorisations élevées.
Le retour de bâton est arrivé avec la forte correction des marchés actions pendant l’été et la volatilité au deuxième semestre, sur fond de craintes macroéconomiques. «Ceci explique des performances post-IPO décevantes pour l’essentiel, d’autant que les valorisations retenues pour les opérations pouvaient parfois paraître élevées», précise le gérant. Notamment pour les midcaps. Les PME Lucibel, Viadeo et Visiativ ont par exemple subi une perte respective de 73%, 63% et 50% depuis leur IPO. «En conséquence, les investisseurs sont devenus plus sélectifs». Si en début d’année, les premières introductions étaient valorisées en haut de fourchette, les suivantes se sont retrouvées en bas de fourchette, voire, pour certaines, ont été reportées.
Qu’en resta-t-il pour 2015? Le pipeline d’introductions reste très fourni, avec notamment Elis (initialement prévues fin 2014) ou Europcar. Les économistes sont relativement positifs pour les valeurs européennes, qui devraient être portées par la baisse du prix du pétrole, la baisse de l’euro et une possible action accommodante de la BCE. Leur concrétisation dépendra de l’état du marché actions, mais aussi des exigences de vendeurs.
{"title":"","image":"81822»,"legend":"Des performances post-IPO d\u00e9cevantes : sur 25 entreprises cot\u00e9es, seuls les cours de Coface, Euronext, GTT ont progress\u00e9. Illustration L\u2019Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Lydia dit au revoir aux numéros de téléphone pour les virements
La fintech, qui a démocratisé le virement via numéro de mobile, appelle le secteur à renoncer à cette fonctionnalité par mesure de sécurité. Un timing intéressant alors que Wero monte en puissance. -
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Transports, école, pompiers… Quelle mobilisation pour la grève des fonctionnaires ce mardi ?
Les syndicats de la fonction publique appellent à la grève mardi 29 septembre. Ils contestent notamment le gel du point d’indice prévu par le gouvernement -
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles