Les pays émergents devraient relancer la consolidation de la chimie en Europe
L’activité de fusions et acquisitions a fortement ralenti dans la chimie, comme le prouve au premier semestre la chute de 76% de la valeur mondiale des transactions à 9,6 milliards de dollars, accompagnée d’une pénurie d’opérations de taille importante. «Seulement 2 opérations de plus d’un milliard de dollars ont été menées à bien sur la période contre 17 sur l’ensemble de l’année 2011», relèvent dans une étude récente les analystes de Cheuvreux Crédit Agricole.
L’attentisme grandissant des intervenants, lié à la crise européenne, s’est également traduit par un allongement sensible du délai de finalisation des transactions. Mais ces analystes estiment que la structure financière assainie de nombreuses sociétés du secteur et des niveaux attrayants de valorisation sont propices à une reprise des transactions d’envergure en 2013.
Etant donné que de nombreux groupes chimiques veulent accroître leur présence dans les segments à plus forte valeur ajoutée pour réduire leur sensibilité aux cycles économiques, les cibles potentielles doivent leur offrir «une solide plate-forme technologique et une forte position concurrentielle sur des marchés caractérisés par une barrière élevée à l’entrée». Forts d’une trésorerie abondante, plusieurs acquéreurs potentiels situés dans les pays émergents sont susceptibles de passer à l’offensive en Europe, en privilégiant le segment de la chimie de spécialité. Le bureau d’analyse cite spécialement l’indien Reliance Industries, très présent dans le raffinage pétrolier, le conglomérat saoudien Sabic, Sinochem -premier chimiste chinois- ou encore la holding IPIC originaire d’Abou Dhabi.
L’allemand Lanxess et le français Arkema seraient des cibles de premier choix car ces deux groupes, qui ont largement recentré leur portefeuille de produits au cours des dernières années, affichent en outre des niveaux de valorisation inférieurs d’environ 30% à la moyenne du secteur à l’horizon 2013.
Lanxess, dont 44% du chiffre d’affaires émane de la chimie de spécialité, détient ainsi une position de leader sur 70% de ses activités. Après avoir cédé son activité dans les vinyles, Arkema s’est de son côté récemment renforcé dans les résines, les biomatériaux et les polymères.
Une autre cible pourrait être le néerlandais DSM, «surtout s’il fait l’objet d’une scission, comme cela s’est passé pour le britannique ICI», conclut l’étude.
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