Les négociations sur le relèvement du pare-feu européen s’accélèrent
Le bouclage du financement du deuxième plan grec de 130 milliards reste suspendu à la question de l’augmentation des capacités du pare-feu européen. Le Fonds monétaire international (FMI), qui souhaite que les Européens élèvent le plafond de 500 milliards d’euros inscrit dans le récent traité sur le Mécanisme européen de stabilité (MES), entretient en effet le flou sur sa participation au plan. La réunion du conseil d’administration du FMI, le 13 mars, où la question devrait être tranchée, n’est toutefois pas considérée comme une deadline par les Européens. D’ici là, «nous aurons des éléments partiels», a indiqué une source française jeudi soir à Bruxelles. Les ministres des finances de la zone euro ont déjà prévu de plancher à nouveau sur le sujet à Bruxelles le 12 mars.
Nicolas Sarkozy a indiqué vendredi qu’il s’était entretenu de la question de l’addition des moyens du FESF, qui dispose d’encore environ 250 milliards d’euros de garanties, et du MES avec la chancelière allemande. «Nous en avons parlé. Nous essayons d’avancer «step by step». Il se peut qu’il y ait des initiatives avant la fin du mois», a-t-il dit. «Est-ce qu’on en abandonne un des deux? Est-ce qu’on les additionne? Ou est-ce qu’on les laisse fonctionner en parallèle?», a-t-il interrogé rappelant que plusieurs options étaient sur la table. Le président a laissé entendre que l’augmentation des moyens du pare-feu européen était liée à des «nominations», sans préciser. Le traité prévoit que le conseil des gouverneurs du MES choisisse soit de se faire présider par le président de l’eurogroupe, soit d’élire un président parmi ses membres. Il envisage aussi explicitement la possibilité de relever le niveau du capital.
Sans trancher la question du plafond de 500 milliards, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’eurozone ont néanmoins fait un pas vendredi dans la direction du FMI et de la BCE en actant le principe d’un versement anticipé du capital prévu. A l’exemple de la France qui s’y était déjà engagée, ils ont décidé de décaisser en 2012 non pas une mais deux des cinq tranches de capital à libérer, ce qui devrait permettre de disposer d’environ 32 milliards d’euros au lieu des 16 prévus. La mise de la France sera de 6,5 milliards, celle de l’Allemagne de 8,7. Le traité prévoit cependant que les pays dans une situation difficile puissent surseoir à la libération des fonds.
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