Les marchés émergents améliorent leur protection des actionnaires
La recherche grandissante de financements étrangers pousse les entreprises des pays émergents à améliorer leur gouvernance et la protection des actionnaires pour attirer les investisseurs, souligne le Fonds monétaire international (FMI) dans un chapitre de son rapport sur la stabilité financière mondiale publié la semaine dernière. En vingt ans, l’Europe centrale et orientale a ainsi doublé la protection des actionnaires minoritaires et les pays d’Asie (hors Japon) ont vu s’accroître cette protection de 25%. Le FMI signale en ce sens la «formation de comités d’audit, le renforcement du rôle du conseil d’administration et un contrôle accru des états financiers par le directeur général ou le directeur financier.»
Les crises financières subies par les principaux pays émergents ont affecté en majorité les entreprises à la gouvernance douteuse, rappellent les auteurs de l'étude. Traditionnellement, la faible protection des actionnaires minoritaires est l’un des éléments de la prime de risque attachée aux marchés émergents. En Chine, par exemple, les entreprises publiques souffrent d’une moins bonne gestion que les entreprises privées, avec un levier plus important et une faible rentabilité. Pour ces entreprises, l’indépendance politique et la limitation des aléas moraux liés à la présence de l’Etat parmi les actionnaires sont les défis des prochaines décennies.
Une plus grande transparence et une gouvernance efficace permettent a contrario d’augmenter l’efficience et la liquidité du marché des capitaux, rappellent les auteurs. Pour les entreprises à la gouvernance exemplaire, le FMI a en effet constaté des bilans plus solides avec des ratios d’endettement à court terme plus faibles, un risque réduit de banqueroute et la capacité d’emprunter à long terme. Ces atouts confèrent aux entreprises une plus grande résilience aux chocs financiers exogènes.
Le FMI préconise dans ce sens des réformes des «cadres juridiques, réglementaires et institutionnels» afin de renforcer les droits des actionnaires minoritaires et d’augmenter la transparence. Pour y parvenir, il prône une meilleure coopération entre les régulateurs, ainsi qu’une augmentation de l’indépendance et des ressources allouées aux organismes de contrôle.
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