Les marchés digèrent mal le budget italien
Les rendements des emprunts de l’Etat italien étaient en forte hausse et la Bourse de Milan cédait du terrain en milieu de journée après l’annonce la veille au soir d’une prévision de déficit de 2,4% du produit intérieur brut (PIB) pour les trois prochaines années, qui fait craindre de nouvelles tensions sur la dette publique.
Sur le marché des emprunts d’Etat, le rendement des obligations italiennes à deux ans, les plus sensibles aux turbulences politiques des derniers mois, était en hausse de près de 30 points de base, à 1,05%. La hausse atteignait plus de 35 pb pour les titres à cinq ans, dont le rendement remontait à 2,23%, et elle atteignait 28 pb pour le rendement des obligations souveraines à dix ans, avec un rendement de 3,17%. L'écart de rendement à dix ans entre les titres italiens et allemands se rapprochait quant à lui du seuil des 270 pb.
La Bourse de Milan perdait 2,85% en milieu de journée, au plus bas depuis dix jours, et la baisse atteignait 5,86% pour l’indice local du secteur bancaire. Les banques et les assureurs italiens détiennent d’importants portefeuilles d’obligations d’Etat et sont donc en première ligne en cas de tensions sur les rendements. UniCredit et Intesa Sanpaolo, les deux premières banques du pays, cèdent respectivement 6,10% et 6,28%, l’assureur Generali 4,02%. La baisse dépasse 6% pour les établissements bancaires de taille moyenne comme Banco BPM ou UBI Banca.
La faiblesse des marchés italiens se répercute sur les valeurs financières ailleurs en Europe, notamment en France. Le Crédit Agricole cédait au même moment 3,35%, la Société Générale plus de 3% et BNP Paribas 2,4%.
Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, a critiqué ce choix d’un budget «hors des clous» vendredi et appelé le gouvernement italien à donner la priorité à la réduction de la dette publique, qu’il a qualifiée d'«explosive». La dette italienne représente plus de 130% du produit intérieur brut (PIB), ce qui en fait la plus lourde d’Europe après celle de la Grèce rapportée au poids économique du pays.
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