Les législateurs européens s’accordent pour ralentir le trading à haute fréquence
Un compromis a été trouvé. Certains négociateurs s’inquiètent par ailleurs de l’affaiblissement des règles de transparence dans la phase finale de la négociation
Publié le
Florence Autret, à Bruxelles
Photo: PHB
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Un compromis a finalement été trouvé entre députés européens et Trésor nationaux sur l’encadrement du trading à haute fréquence la semaine dernière. Le député bavarois en charge du dossier, Markus Ferber, demandait depuis des semaines un temps de latence minimum de 500 millisecondes qui aurait contraint les traders à haute fréquence à ralentir le rythme de passage des ordres. Il a finalement lâché sur ce point en contrepartie d’une série de restrictions.
Les écarts de prix minimum (tick size) sur lesquels les traders peuvent prendre position seront limités et harmonisés. «Cela va ralentir significativement le trading à haute fréquence», a expliqué Markus Ferber à Bloomberg. Un système de court-circuit sera également introduit, sous le contrôle de l’Autorité européenne des marchés (Esma), chargée de tester les algorithmes de trading.
Le compte rendu de la réunion du 16 octobre entre Parlement et Conseil, établi par la présidence lituanienne et vu par L’Agefi, confirme les grandes lignes de cet accord. Mais la négociation de la directive Marché d’instruments financiers (MIF2) «est loin d’être terminée», insiste un diplomate, qui doute que le Royaume-Uni et les Pays-Bas acceptent ces limitations sans garantie sur les autres sujets.
Le véritable point dur concernera la transparence et les structures de marchés, abordées lors d’un trilogue fin novembre. Les positions du rapporteur allemand concernant la transparence pre-trade suscitent la stupeur de certaines délégations et de la Commission pour qui «la direction prise par les colégislateurs risque de ne pas être en ligne avec les engagements du G20». L’obligation de publication préalable des prix souffre d’importantes exceptions en fonction de la taille des ordres mais aussi au titre des «prix importés» (reprise du prix d’un marché transparent). La tentative de la Commission européenne de restreindre le champ de ces exceptions afin de réduire les marges des brokers est désormais combattue non seulement par le Royaume-Uni mais aussi par le rapporteur. «C’est une position tout à fait incompréhensible de la part du Parlement qui normalement défend l’intérêt des investisseurs», juge une source diplomatique.
De même le rapporteur serait prêt à limiter la transparence sur le marché des obligations corporates, une position ardemment soutenue par le Royaume-Uni. «A ce régime, MIF 2 risque d’être pire que MIF 1», juge une source proche des infrastructures de marché.
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