«Les investisseurs privilégient le marché actions américain, plus défensif»
L’Agefi : Pourquoi avez-vous fortement réduit vos perspectives sur le CAC 40 ?
Jean-Louis Delhay : Nous abordons cette période d’incertitude avec une exposition proche de la neutralité sur les actions européennes. Il nous semble à ce stade peu probable de voir le spread entre les taux 10 ans français et allemand se resserrer de manière significative, et il devrait continuer à intégrer une prime de risque supplémentaire par rapport aux mois précédant les élections européennes et législatives. De la même manière, l’incertitude planant sur la deuxième économie de la zone euro va vraisemblablement limiter l’accélération de la croissance dans la région. Ceci nous a amené logiquement à abaisser nos perspectives sur le CAC 40, dont la valorisation actuelle reste toutefois raisonnable.
En revanche, comment expliquez-vous votre confiance sur le S&P 500 ?
L’essor de l’intelligence artificielle (IA) et les dépenses d’investissement qui en découlent, aidées par les grands plans de relance (IRA, Chips Act) sont favorables au marché d’actions américain. Le S&P 500 offre ainsi une croissance des bénéfices supérieure cette année à celle des actions européennes (11% contre 6%). Dans un contexte plus incertain à court terme en Europe (élections en France et au Royaume-Uni), les investisseurs privilégient le marché actions américain, plus défensif.
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