Les investisseurs révisent à la baisse leurs objectifs pour le CAC 40
Les inconnues politiques françaises et les élections européennes ont provoqué des mouvements de marché baissiers en juin - plus de 6% lâchés sur le CAC 40 et près de 2% sur l’Euro Stoxx 50 -, que n’ont pas connu les autres indices. Bien au contraire, le Nikkei a rebondi de près de 3% et le S&P 500 de près de 4% au mois de juin.
Dans ce contexte, les 19 gérants du Panel Actions interrogés par L’Agefi du 19 au 27 juin 2024 ont pour la plupart réduit leurs cibles sur les indices européens, ne les ont pas modifiées pour la place tokyoïte, et les ont presque tous relevées sur Wall Street.
Paris a de loin le plus souffert, avec des révisions à la baisse d’environ 4% d’un mois à l’autre sur les niveaux cibles: 7.846 points à six mois et 8.044 points à douze mois, selon la prévision moyenne. Ces nouveaux objectifs, qui intègrent la correction récente, laissent un potentiel de hausse de 5% à un horizon de six mois et de 8% dans un an. Si Carmignac table sur un fort rebond de 14% à court terme, il anticipe une chute de 18% sur les six mois suivants. Ce panéliste mis à part, le CAC 40 devrait gagner entre 7% (Oddo BHF AM) à 12% (Groupama AM) d’ici à un an.
Du côté de l’Euro Stoxx, Cholet Dupont Oudart est le seul panéliste à avoir légèrement relevé ses cibles, en voyant l’indice gagner 3% d’ici la fin de l’année et 6% dans un an. Cholet Dupont Oudart et Groupama AM, les plus optimistes, visent un gain de 10% à cet horizon, alors que l’indice européen a déjà engrangé plus de 8% depuis début janvier 2024.
Le test des résultats semestriels
Les fondamentaux des entreprises restent solides, avec des marges historiquement élevées, et des valorisations attrayantes. Néanmoins, les prochains résultats trimestriels «seront particulièrement scrutés par le marché alors que le retour à l’actionnaire est et demeurera un thème important, expliquait récemment Catherine Garrigues, directrice de la stratégie actions Convictions chez AllianzGI. La digitalisation et les semi-conducteurs, devraient rester un facteur de croissance structurel, tout comme la transition énergétique ».
La confiance est au rendez-vous pour les actions américaines. Seuls Amplegest, Auris Gestion, Groupama AM et Oddo BHF AM ont révisé leurs objectifs à la baisse. Les autres panélistes les ont maintenus ou relevés. Cependant, avec la hausse de juin, ils tablent seulement sur une stabilité de l’indice S&P 500 d’ici à la fin de l’année et un gain limité à 1% sur un an, après une progression de plus de 15% en six mois. Même si Crédit Mutuel AM et Raymond James pensent que la barre des 6.000 points sera franchie dans un an, soit un gain potentiel de plus de 10%.
La tendance est la même sur le Japon. Le Nikkei resterait stable jusqu’à la fin de l’année et grappillerait 1% en un an, après le bond de 18% depuis le début de l’année.
Le Panel Actions avait anticipé l’évolution du CAC 40
La fin du semestre est aussi l’heure des bilans. En début d’année, le Panel Actions était très prudent sur l’évolution des Bourses. Il a finalement eu raison pour le CAC 40. Federal Finance Gestion, LBP AM et Swiss Life AM qui visaient les 7.500 points fin juin ont fait preuve de perspicacité. En revanche, personne n’avait anticipé le niveau de l’Euro Stoxx 50 (OFI Invest AM et Richelieu Gestion sont les plus proches) et encore moins celui du S&P 500 : seuls Goldman Sachs et Richelieu Gestion espéraient 5.000 points ou plus. Quant au Nikkei, aucun panéliste n’anticipait, de près ou de loin, son niveau actuel.
Fin juin 2023, Cholet Dupont Oudart et La Banque Postale AM tablaient sur un CAC 40 à 7.500 points à un an. Mais sur les trois autres indices, les panélistes étaient bien en dessous des niveaux actuels.
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