Les investisseurs étrangers appellent la France à relever le défi de la mondialisation
La situation est grave mais pas désespérée. Telle est la sentence qui pourrait être infligée à la France à la lecture du Baromètre annuel d’attractivité Ernst & Young. Le pays a moins séduit les investisseurs étrangers l’an passé, tant dans l’absolu qu’en relatif face à ses voisins. A tel point que le rapport place la France parmi les pays européens «vulnérables», l’écartant des groupes «dynamiques» ou «opportunistes». Le Royaume-Uni et l’Allemagne trônent seuls en tant que «leaders» etcreusent l’écart.
L’Hexagone conserve pourtant sa troisième place derrière ces deux pays en termes d’implantations étrangères en 2012, après avoir cédé la médaille d’argent à l’Allemagne l’année précédente. Mais alors que le nombre total de projets annoncés créateurs de nouveaux emplois concède un repli de 2,8% au niveau européen, il est en baisse de 12,8% sur le sol français, à 471 (pour 10.540 emplois créés, en chute de 19,9%). Si le pays reste le plus attractif aux yeux des groupes américains, le rapport souligne un «rendez-vous manqué» avec les émergents, particulièrement les Bric (14 implantations contre 23).
Les racines de cette perte de vitesse sont connues, passant avant tout selon le baromètre par le coût du travail et la fiscalité, en dépit de nombreux atouts. A tel point qu’Ernst & Young estime que ses interlocuteurs «adressent un dernier appel à la France pour qu’elle devienne un acteur à part entière de l’économie mondiale». L’espoir demeure donc. 63% des investisseurs (70% l’an passé), se disent confiants dans la capacité du pays à rebondir. Ceux déjà présents (20.000 sociétés à capitaux étrangers totalisant 2 millions d’emplois) forment une «communauté d’affaires enthousiaste et constructive» selon Marc Lhermitte, associé Ernst & Young responsable du rapport.
Si les investisseurs étrangers ont été sensibles à des mesures comme le Pacte pour la compétitivité et l’emploi, ils souhaitent néanmoins clairement un «changement de cap sur la compétitivité», une «flexibilisation des conditions d’emploi» ou des «stratégies sur les secteurs de croissance et l’entreprenariat», indique Marc Lhermitte. Peut-être trouveront-ils des réponses dans le plan coordonné pour l’innovation promis pour mi-juillet par Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Economie numérique.
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