Les holdings LBO peuvent bénéficier de la sauvegarde financière accélérée
Les holdings pourront désormais bénéficier de la procédure financière de sauvegarde accélérée (SFA) qui permet une restructuration de la dette en dépit de l’opposition des créanciers minoritaires récalcitrants. Après plusieurs mois de tergiversations, un décret publié le 20 septembre élargit le champ d’application de la SFA créée par la loi du 22 octobre 2010.
En mars dernier, les élus avaient tenté d’élargir le spectre de la loi mais un précédent décret mal ficelé réservait la procédure aux entreprises de plus de 20 millions d’euros de chiffres d’affaires et plus de 150 salariés, ce qui conduisait à mettre de côté la plupart des holdings de LBO. «Le décret du 20 septembre permet de traiter la plupart des situations de restructuration financière dans le cadre de la SFA pour les sociétés holding», explique Gabriel Sonier, avocat chez Salans.
En vertu du nouveau texte, la SFA va s’appliquer premièrement à des sociétés dont le total de bilan est supérieur à 25 millions d’euros sans critère de salariés. Deuxièmement, le texte bénéficiera à une société dont le total de bilan est supérieur à 10 millions lorsque ce débiteur contrôle une société de plus de 150 salariés ou dont le chiffre d’affaires est supérieur à 20 millions, ou si la société contrôlée affiche un total de bilan supérieur à 25 millions. Aucune SFA n’a été déclenchée depuis sa création. La procédure sert surtout de menace pour la minorité des créanciers qui n’a pas accepté le plan dans le cadre de la procédure de conciliation.
«La SFA concerne uniquement la dette bancaire et obligataire et laisse de côté les créanciers fournisseurs de l’entreprise dont les droits ne sont pas modifiés par la sauvegarde. Concrètement, les fournisseurs continueront d’être payés», souligne Philippe Hameau, avocat associé chez Orrick Rambaud Martel.
Certains minimisent l’utilité du décret. «Pour les LBO en difficultés, souvent la restructuration de la dette a été réglée en amont dans le cadre d’un mandat ad hoc confié à un administrateur ou en procédure de conciliation. Pour les LBO de plus grosse taille les créanciers financiers s’organisent pour éviter les blocages et une publicité préjudiciable à leurs débiteurs», tempère Sandra Esquiva-Hesse, avocate chez Seh Legal.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien