Les groupes asiatiques convoitent les marques européennes à forte notoriété
La prise de participation de 51% dans Peugeot Scooters par l’indien Mahindra & Mahindra annoncée mardi dernier témoigne de l’intérêt des groupes asiatiques pour certaines marques européennes disposant d’une forte notoriété. Cette prise de contrôle sera payée en cash et en titres, le conglomérat indien devant souscrire à une augmentation de capital réservée de 15 millions d’euros tout en achetant des actions de la société à PSA, soit un investissement total estimé à 28 millions d’euros.
Fondé en 1898, Peugeot Scooters est la plus ancienne marque de scooters. Ce partenariat stratégique s’inscrit dans un plan de redressement incluant la sous-traitance de certaines activités de fabrication ou de logistique et la mise en place d’un congé senior concernant environ 80 personnes. L’Europe, marché de référence du groupe français, ne constitue plus en volume que 3% d’un marché mondial du scooter désormais dominé par l’Inde et la Chine. Ces deux pays détenaient l’an dernier respectivement 30% et 25% de ce marché qui s’élevait à 50 millions d’unités.
Le secteur automobile a auparavant connu d’autres transactions plus importantes motivées par un rachat de marque. Le suédois Volvo, racheté à Ford en 2010 par Geely pour 1,8 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros) a ainsi contribué à valoriser l’image de l’acquéreur chinois auprès de sa clientèle. Deux ans auparavant, l’indien Tata Motors avait mis 2,3 milliards de dollars sur la table pour acquérir, toujours auprès de Ford, les prestigieuses marques britanniques Jaguar et Land Rover.
L’agroalimentaire attire également les investisseurs asiatiques. Le producteur de lait chinois Biostime a pris à l’été 2013 une participation de 20% dans la coopérative Isigny Sainte-Mère. L’apport en capital de 2,5 millions d’euros, complété par un prêt de 17,5 millions, a servi à financer le développement de l’outil industriel de la société normande. On peut enfin citer la tentative avortée du rachat de 50% de Yoplait par le chinois Bright Food en 2011.
«La logique de ce type de transaction consiste pour ces groupes émanant de pays émergents à avoir accès à des compétences industrielles et à des marques afin d’asseoir leur développement international», commente Olivier Ravel, directeur au sein de la banque d’investissement de HSBC France, en ajoutant que «peu de marques chinoises ou indiennes bénéficient à l’heure actuelle d’une reconnaissance forte à l’échelle mondiale».
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