Les grands gérants du capital-investissement repartent en conquête

Le fonds américain Apollo souhaiterait collecter entre 10 et 12 milliards de dollars pour son huitième fonds
Antoine Landrot
Photo: PHB/Agefi
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Alors que les investisseurs réduisent leur allocation au capital-investissement européen en raison de la situation économique clairement incertaine du continent, les gérants américains ont eux moins de difficulté à les convaincre. Cette fois-ci, les rumeurs de collecte de méga-fonds concernent notamment Apollo Global Management.

Cet acteur du LBO basé à New York et coté sur le Nyse a l’intention, selon l’agence Bloomberg, de démarrer la commercialisation de son huitième véhicule d’ici à la fin de l’année. L’objectif, s’il est inférieur au montant du fonds précédent (près de 15 milliards de dollars levés en 2008), laisse rêveur dans le contexte actuel: Apollo espérerait entre 10 et 12 milliards de dollars. Si l’information – qui n’est pas confirmée par l’intéressé – était confirmée, le gérant rejoindrait ses deux grands rivaux Carlyle et KKR, qui ont eux déjà démarré la collecte de leur prochain «méga fonds». Tous deux cherchent également à collecter une dizaine de milliards de dollars.

La concurrence promet donc d’être rude entre gérants de capital-investissement. En effet, selon les statistiques du bureau d’études Private Equity Intelligence (Preqin), 801 milliards de dollars étaient en cours de levée à travers le monde par des équipes de capital-investissement à fin juillet, contre 758 milliards au début de l’année. Or, les investisseurs sont devenus plus sélectifs et plus exigeants depuis la crise financière.

Si les grands noms (dont Carlyle, KKR et Apollo font partie, tout comme Blackstone ou Axa Private Equity) font encore l’unanimité – ce qui rend leurs véhicules difficiles d’accès aux investisseurs peu influents – les donneurs d’ordres n’hésitent plus à donner leur chance à de nouvelles sociétés de gestion. Selon le dernier baromètre de Preqin, 23% des investisseurs interrogés ont prévu de donner leur chance à ces «first-time funds» au cours des 12 prochains moins et 11% l’envisagent si une occasion se présente. Plus globalement, 85% des sondés sont prêts à s’ouvrir à des gérants avec lesquels ils n’entretenaient aucune relation jusqu’à présent.

Cette exigence conduit aussi les gérants à se différencier en proposant des stratégies spécialisées. A l’exemple de Blackstone, le numéro un mondial, qui, selon Bloomberg, devrait achever prochainement la levée de son premier fonds axé sur l’énergie à un montant compris entre 2,2 et 2,5 milliards de dollars.

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