Les fonds souverains poursuivent leur croissance
La chute des cours du pétrole et d’autres matières premières n’a pas bouleversé les fonds souverains, dont la richesse repose pour bon nombre d’entre eux sur les ressources naturelles. Selon la dernière étude de Preqin, les encours gérés par ces acteurs ont continué à s’accroître en 2014. Ils ont atteint 6.310 milliards de dollars en mars dernier, progressant de 930 milliards par rapport à l’enquête précédente, datée de décembre 2013.
Ce montant est un record et représente plus du double de celui affiché en décembre 2008 (3.070 milliards lors de la première étude): la croissance de la valeur des portefeuilles souverains s’accélère. Selon Preqin, 59% des acteurs recensés témoignent d’une hausse entre octobre 2013 et mars 2015, 29% une baisse. «Les gouvernements et les réserves [de matières premières] ont contribué à la croissance, sans compter les performances générées par les fonds souverains eux-mêmes, dans leur quête continue de rendement à long terme dans un environnement de taux faibles», indique le bureau d’études. Le fonds de pension national norvégien, pourtant lié au pétrole et gaz de la mer du Nord, a accru ses actifs de 43 milliards de dollars.
Parmi les perdants, ils tirent pour moitié tout ou partie de leurs ressources des hydrocarbures. Le Fonds de richesse national et le Fonds de réserve russes ont perdu plus de 20 milliards de dollars d’encours. Dans les économies très dépendantes des énergies fossiles, comme la Russie ou le Ghana, les gouvernements n’ont pas hésité à puiser dans leurs fonds pour couvrir leurs déficits.
En revanche, la création de nouveaux investisseurs publics, qui avait alimenté la croissance des années précédentes, n’a pas été au rendez-vous. En effet, 2014 n’a vu la naissance que du Ireland Strategic Investment Fund, orienté vers l’économie du pays. Mais des projets existent, comme en témoigne la proposition par un groupe de travail que le gouvernement de Hong-Kong alloue un tiers de son excédent budgétaire annuel à un «Hong Kong Future Fund» afin de se préparer à financer les dépenses d’une population vieillissante.
La nature des placements a en revanche peu évolué. Investisseurs de long terme avec, en général, des engagements de court terme limités, les fonds sont en mesure de consacrer une part importante de leurs placements aux actifs alternatifs, moins liquides. Ainsi, 47% sont exposés au private equity, 60% aux infrastructures, 59% à l’immobilier, 33% aux hedge funds et 24% à la dette non cotée.
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