Les fonds LBO profitent de la fenêtre de tir sur le marché high yield
Plusieurs opérations réalisées ces dernières semaines par des fonds LBO témoignent d’une réouverture du marché des obligations à haut rendement (high yield). Alors que l’offre sur ce marché a atteint 25,1 milliards de dollars en janvier, soit son plus haut niveau depuis mai 2011, les opérations liées à des LBO ne totalisent toutefois que 5% (contre 7% sur l’ensemble de 2011 et 41% sur l’année 2008), selon des données Standard & Poor’s (S&P) LCD.
Dans le cadre du financement LBO d’Orange Suisse, racheté par Apax Partners fin 2011 pour 1,6 milliard d’euros, le fonds d’investissement a ainsi réduit la part de prêts à effet de levier, de 33% à quelque 570 millions de francs suisses (472 millions d’euros), au profit de la part obligataire. Le montant d’obligations seniors sécurisées a ainsi été porté à quelque 425 millions de francs suisses (352 millions d’euros), aux côtés d’une émission à taux variable («floating-rate notes») d’environ 150 millions d’euros.
«En Europe, le marché high yield, qui dispose de plus de liquidités, se rouvre. D’autres dossiers vont arriver, estime un banquier. Cette fenêtre de tir devrait perdurer au moins jusque mars-avril, grâce notamment à la deuxième injection de la BCE en février». Numericable chercherait par exemple à émettre 350 millions d’euros d’obligations de catégorie spéculative («junk bonds») à sept ans, selon une source bancaire citée hier par Bloomberg. JPMorgan Chase, Goldman Sachs, BNP Paribas, Crédit Agricole et HSBC dirigeraient l’opération.
Racheté en juin pour 2,3 milliards d’euros par les fonds Bain Capital et Hellman & Friedman, Securitas Direct cherche actuellement à refinancer une partie de sa dette liée à l’acquisition par une dette obligataire high yield de 600 millions d’euros à échéance septembre 2018.
Goldman Sachs et JP Morgan dirigent l’opération. La société avait refinancé cet été une partie de son prêt relais de plus de 1,3 milliard d’euros, initialement destiné à une émission obligataire, par un prêt mezzanine de 394 millions d’euros. «Si l’opération (réalisée par Securitas Direct) se passe bien, cela sera de bon augure pour d’autres opérations qui attendent en coulisses, telles que le prêt relais de 350 millions d’euros de Spie, celui de 250-300 millions d’euros d’Ascometal et celui de 500 millions d’euros de Wind», relève S&P LCD.
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