Les déclarations de créances dans les procédures sont sources de contentieux
L’Agefi : Pouvez-vous expliquer le problème dans le dossier Thomson-Technicolor ?
Philippe Hameau: Une banque portugaise (Banco Finantia, ndlr) a acquis de Bank of America, deux semaines après l’ouverture de la sauvegarde (le 30 novembre 2009), une créance bancaire sur Thomson, et l’a bien déclarée dans les quatre mois après publication au BODACC du jugement d’ouverture de la procédure comme doivent le faire les créanciers étrangers. Suivant l’avis du débiteur, les mandataires judiciaires ont considéré que cette créance détenue par un créancier français à l’ouverture de la sauvegarde aurait dû être déclarée dans les deux mois, peu importait qu’elle ait été cédée ultérieurement à un créancier étranger... Sachant qu’une non-déclaration rend la créance inopposable à la procédure - ainsi qu’aux dispositions du plan qui sera arrêté- selon l’article L.622-26 du Code de commerce, nous avons plaidé lundi pour une solution acceptable en droit.
Quels autres sujets posent ces déclarations ?
Le régime français entraîne de nombreux contentieux depuis des années (et au moins une audience par semaine sur le dossier Thomson au tribunal de commerce de Nanterre, ndlr). Avec des problèmes de multidéclarations - lorsque vendeurs et acheteurs d’une créance la déclarent par sécurité; de mandats - lorsqu’une direction financière ou l’agent d’un pool bancaire se chargent de la déclaration considérée comme une demande en justice et nécessitant un pouvoir; ou d’informations - lorsque les créanciers étrangers dont la créance n’est pas en défaut n’ont pas un accès «naturel» au BODACC, ou n’ont pas été prévenus par le cédant de la créance...
Comment modifier la loi pour garantir le droit des créanciers ?
Il faut, encore une fois, s’inspirer du Chapitre 11 et reporter la responsabilité de ces déclarations sur le débiteur, mieux placé pour connaître ses créanciers. Il doit d’ailleurs déjà en dresser une liste indicative à l’ouverture d’une procédure. Plutôt qu’une sanction pénale, il pourrait être envisagé, en cas d’omission d’une créance par le débiteur, que celle-ci soit traitée hors du plan selon les termes du contrat. Cela limiterait les abus éventuels. Le système de déclaration se ferait via un formulaire mis à disposition par le greffe du tribunal qui prévoirait différentes catégories de créances, notamment les «créances contestées». Cette liste pourrait être consultable via internet sur un site dédié.
Plus d'articles du même thème
-
Le spécialiste chinois de l’IA DeepSeek devrait lever 10 milliards d’euros
L’opération pourrait valoriser la start-up plus de 65 milliards d’euros en amont d’une introduction en Bourse attendue en 2027. Les géants chinois CATL et Tencent participeraient à la levée de fonds. -
Claude prend racine sur l’écran des dirigeants financiers
Le baromètre Spendesk des outils technologiques met en avant le souhait de rationaliser la palette utilisée. -
Meridiam boucle un fonds de continuation de 4,5 milliards d'euros
La société française de gestion d’infrastructures prolonge de 25 à 45 ans la durée de vie du fonds Mina II et crée un nouveau véhicule composé de 15 actifs situés en Amérique du Nord, avec des infrastructures à New York, Miami et Los Angeles.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
L'air du largePourquoi le vote démocratique traverse une crise de confiance historique
L'élection, moment fort de la vie démocratique, est devenue une fenêtre de vulnérabilité. Pour le grand public, elle est aussi devenu le révélateur de ses faiblesses -
Follow the money« On part là où nous avons de meilleures chances » : ces mouvements financiers qui trahissent l'inquiétude des républicains avant les midterms
A moins d'un mois des midterms, les républicains s'inquiètent de leur retard dans les sondages. Ils se retrouvent forcés d'augmenter leurs dépenses dans des Etats où Donald Trump s'était imposé largement, et de laisser le champ libre aux démocrates dans des Etats clés -
Présidentielle 2027 : les conditions du soutien de Gérard Larcher à Bruno Retailleau
Invité de BFMTV, le patron du Sénat a laissé entendre qu'il conditionnerait son appui au candidat LR à ses chances d'accéder au second tour, qui devraient se préciser à partir du mois de janvier