Les courtiers pourraient voir leur activité croître de 10 à 20% sur les CFD
Alors que la taxe sur les transactions financières doit entrer en application le 1er août en France, les courtiers devraient voir leur activité croître sur le marché des CFD (contract for difference), exclus de l’assiette. L’activité sur le marché de ces produits dérivés, qui permettent de réaliser des gains indexés sur la variation du cours d’un produit financier sans avoir à détenir le sous-jacent, «devrait croître de 10 à 20%», estime Gwénaël Moy, directeur général d’IG Markets, l’un des principaux acteurs du secteur en France.
La taxe vise les transactions sur actions françaises dont la capitalisation dépasse un milliard d’euros. «Elle concerne 109 actions, qui représentent quelque 90% des volumes échangés chez les courtiers en ligne», indique Gwénaël Moy. Selon le dirigeant, l’impact de la taxe sur le marché des CFD, positif, restera toutefois «relativement limité».
«Un déplacement va se produire au sein du marché. La part des CFD sur actions au sein des CFD, qui pèse actuellement 10%, devrait s’accroître pour atteindre les 20%, à l’image du Royaume-Uni, et réduire le poids des autres classes de CFD. Par ailleurs, la croissance des clients sera limitée par les barrières à l’entrée, ce marché nécessitant une forte compréhension du marché», explique Gwénaël Moy.
Au Royaume-Uni, où le marché des CFD a émergé au début des années 90 suite à l’application d’une taxe similaire (stamp duty), «environ 40% des investissements sur les marchés actions sont réalisés via des CFD. Il y a eu un vrai transfert, qui ne devrait pas prendre cette ampleur en France, où les investisseurs ont une culture moins financière», explique Pierre-Antoine Dusoulier, président de Saxo Banque, l’un des premiers courtiers du secteur.
Selon le professionnel, «l’impact global va générer une baisse des volumes sur les marchés actions, assortie d’une décote sur les titres à l’image des sociétés cotées britanniques. Il y aura donc moins de plus-values à taxer, l’effet de la taxe risquant dès lors d’être négatif pour les finances publiques.»
Dans ce contexte, certains acteurs cherchent à se positionner sur le créneau des CFD, à l’image de Boursorama qui pourrait prochainement annoncer le lancement d’une plate-forme dédiée. «Nous sommes en train de finaliser le lancement de l’offre», confirme à L’Agefi un porte-parole du groupe.
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