Les corporates profitent d’une offre de liquidités soutenue pour se refinancer
Wind pour 3,9 milliards, EDF pour 4 milliards, RWE pour 4 milliards ou encore PPR pour 2,5 milliards… Les exemples de refinancements récents sur le marché des prêts syndiqués ne manquent pas. Selon Dealogic, «les volumes de refinancements en Europe ont bondi de 66%, à 338 milliards de dollars, en 2010 [au 3 décembre]». Les 505 milliards de dollars atteints à la même date en 2005 sont encore très loin. Mais cette année, le marché fait déjà jeu égal avec 2007 (voir illustration).
Cette envolée profite largement aux banques françaises. BNP Paribas est leader en Europe avec 6% du marché, suivi par SG CIB qui capte 4,7% de l’activité.
Si les volumes tiennent en grande partie à des échéances proches chez les émetteurs, ils bénéficient aussi d’«un phénomène de surliquidité artificiel sur le marché des crédits syndiqués lié à l’absence d’importantes opérations de financement d’acquisition», rappelait récemment Damien Lamoril coresponsable de la syndication de prêts en Europe chez SG CIB.
Cette concurrence entre établissements bancaires a plusieurs avantages pour les corporates. Outre un allongement à 3,8 ans de la maturité moyenne des financements (contre 3,4 ans en 2009), ils bénéficient de conditions particulièrement favorables. Face à la demande, nombreux sont ceux comme Wind ou Nestlé qui ont augmenté la taille de leur financements. L‘italien a relevé le sien de 500 millions d’euros, à 3,9 milliards.
Parallèlement, les marges amorcent une décrue. En moyenne, un financement coûte 65 pb de moins qu’en 2009 (219 pb contre 284 pb). Un groupe comme Nestlé a même pu sortir à 12,5 pb.
Ceci dit, le ratio de liquidité à 30 jours intégré à Bâle 3 pourrait changer la donne. Visant entre autres les lignes revolving non tirés, il risque d’en renchérir le coût.
Plus d'articles du même thème
-
La Cour des comptes préconise un recentrage des participations de la CDC
La Cour des comptes recommande une revue approfondie du portefeuille de participations stratégiques de la Caisse des dépôts. Son directeur général et le président de sa commission de surveillance mettent en garde, dans leurs réponses, contre un redimensionnement. -
Forbion conforte son rang de premier acteur européen du capital-risque en santé
Le gérant hollandais a levé 2,3 milliards d'euros sur deux nouveaux fonds, sa plus importante collecte à ce jour, portant ainsi à 7,5 milliards d'euros ses encours totaux. -
Les gestionnaires d'actifs réduisent la voilure sur la dette française
Si une partie du risque politique et budgétaire est déjà intégrée dans les prix, les spreads pourraient encore s’écarter à court terme. Face à cette incertitude, les investisseurs raccourcissent les durations et se couvrent sur la dette tricolore.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
Contenu de nos partenaires
-
DivorceBlocus des lycéens : la droite cherche toujours le mode d'emploi
Bruno Retailleau se place sur le seul terrain sécuritaire, Edouard Philippe ironise sur les revendications des lycéens, Gabriel Attal se démarque en multipliant les échanges avec une jeunesse qui tourne le dos à la droite -
Loto du patrimoineLes héritages et donations de biens immobiliers arrivent trop tard, selon l'Insee
Une étude de l'Institut national de la statistique publiée mardi dévoile les âges moyens des Français qui héritent ou reçoivent de leur vivant. Repenser la fiscalité de la transmission paraît indispensable -
A saisir« Etat partout, justice nulle part » : manifeste libéral cherche repreneur
Dans Etat partout, justice nulle part, Moïse Mitterrand et ses deux co-auteurs proposent aux candidats une grande restitution : faire des économies massives sur les dépenses de l'Etat et baisser d'autant les impôts. Un candidat s'en saisira-t-il ?