Les conditions de financement des collectivités locales se sont embellies
Alors qu’elles ont eu tendance à baisser leurs investissements en 2014, les collectivités locales françaises bénéficient de très bonnes conditions de financement. Mises en concurrence, les banques ont beaucoup diminué leurs marges.
Sans surprise, pour une année d’élections municipales, les collectivités ont baissé leurs investissements. Le repli serait de 7,4% sur un an, selon les estimations présentées par la Banque Postale hier. «On est dans une des diminutions les plus fortes depuis les lois de décentralisation», explique Thomas Rougier, directeur des études secteur public de la banque. Le repli va de pair avec un recul des capacités d’autofinancement des collectivités. L’Etat a commencé à baisser leurs dotations de 1,5 milliard d’euros cette année et continuera à le faire en 2015 à hauteur de 3,7 milliards. Dans ce contexte, le directeur des études s’attend à un nouveau repli important de l’investissement en 2015.
Pourtant, «la facilité d’accès au crédit est très importante», estime Serge Bayard, président de la Banque Postale Collectivités Locales. Il y encore deux ans, dans la foulée de la déroute de Dexia, les collectivités s’inquiétaient de leurs capacités à trouver de l’argent. «Aujourd’hui, on estime que les appels d’offres sont couverts entre 4 et 5 fois» et «les prix par rapport à 2012 ont été divisés par deux», assure le banquier.
A ses yeux, le marché est d’autant plus concurrentiel alors que des banques étrangères y sont revenues depuis la fin de 2013. L’ex-député Jean-Pierre Balligand, aujourd’hui président du comité d’orientation des finances locales de LBP, pointe du doigt l’activisme des banques allemandes. «La concurrence vient plutôt des grandes banques françaises plutôt que de deux, trois grandes banques allemandes», nuance Mathieu Collette, du cabinet Finance Active.
Les marges moyennes offertes par les banques pour un emprunt à long terme atteignaient 139 points de base au deuxième trimestre contre encore 200 pb un an plus tôt, selon Finance Active. Les emprunteurs bénéficient en outre de la baisse des taux. L’accès au financement peut rester plus difficile pour les petites collectivités.
Même si les conditions sur le marché obligataire peuvent être plus avantageuses qu’auprès de banques, «sur le financement obligataire on est à peu près sur la même tendance que l’année passée», assure Mathieu Collette. «Depuis le début de l’année, on n’a pas vu de nouveaux émetteurs», souligne-t-il.
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