Les collectivités locales ont davantage recours aux placements privés
Les collectivités locales sont de plus en plus nombreuses à se financer par le biais de placements privés sur le marché obligataire.
«Le mouvement des placements privés s’est largement accéléré depuis le début de l’année», explique Alain Gallois, responsable monde de la plate-forme dette chez Natixis. La banque a ainsi arrangé récemment les opérations de Paris (75 millions d’euros), Marseille (40 millions d’euros) ou encore de la région Champagne-Ardenne (30 millions d’euros).
Les collectivités françaises ont placé 853 millions de manière privée via 25 transactions depuis le début de l’année, selon les chiffres d’HSBC et Dealogic. Sur la même période l’an dernier, il n’y avait eu que 9 émissions pour 775 millions d’euros. Entre 2011 et 2012, le marché avait déjà sensiblement augmenté. Il était passé de 774 millions d’euros (11 transactions) à 2,57 milliards (33 transactions). Confrontées au désengagement des banques et à la faillite de Dexia, les collectivités se sont tournées vers le marché obligataire. Sur celui-ci, les placements privés permettent de lever des montants relativements petits (jusqu'à 10 millions d’euros) et offrent beaucoup de souplesse. «La documentation contractuelle ressemble à celle d’un prêt bancaire, elle est simple. Une opération peut se faire en moins d’un mois. On peut ainsi saisir des opportunités liées aux conditions de marché», explique Thierry Laloum, avocat chez Willkie Farr & Gallagher.
Surtout, les investisseurs sont au rendez-vous. «Les collectivités sont très bien notées par les agences de notation et elles offrent du rendement additionnel par rapport à l’Etat français dans un environnement de taux très bas», explique Jérôme Pellet, directeur marché de dette et de capitaux chez HSBC.
La demande est d’autant plus importante que «l’offre de nouveau papier est plus faible du côté des Etats, des institutions financières et des entreprises», souligne Alain Gallois pour qui l’appétit pour les placements privés peut «durer tant qu’il y aura un fort déséquilibre entre l’offre et la demande».
La demande des collectivités pour ces placements pourrait cependant baisser. «Les conditions du crédit bancaire se sont améliorées et les solutions de financement sont en train de se multiplier», souligne Jérôme Pellet. La Société de financement local (Sfil) doit prendre le relais de Dexia et les collectivités sont en train de monter leur propre agence de financement.
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