Les bonus sont en hausse à Wall Street malgré le recul du fixed income
Les traders de Wall Street ont intérêt à thésauriser leurs bonus 2013. Dans les banques d’investissement et de marché new-yorkaises, les rémunérations variables versées entre décembre et mars ont bondi de 15% pour atteindre 16,7 milliards de dollars (12 milliards d’euros), a rapporté hier Thomas DiNapoli le contrôleur général de l’Etat de New York.
Le montant moyen reçu par chaque salarié au titre de 2013 atteint même 164.530 dollars, un niveau jamais vu depuis la crise de 2008 et le troisième répertorié à ce jour, alors que les profits des opérations de courtage ont fondu de 30% l’an dernier, à 16,7 milliards de dollars. Les paiements différés des bonus des années précédentes, payés pour partie en titres, ont en fait bénéficié de la hausse des cours de Bourse des banques ces deux dernières années.
La situation pourrait toutefois changer, compte tenu de la morosité sur les marchés. Les activités de fixed income (taux, change et matières premières), traditionnellement élevées au premier trimestre, auraient connu cette année leur pire démarrage avec des revenus en baisse de 25%, selon le Financial Times qui a compilé les déclarations des banques et les prédictions des analystes. Citigroup et JPMorgan ont ainsi évoqué un recul à deux chiffres. Les bureaux d’analyse de Morgan Stanley et Credit Suisse tablent sur 24,8 milliards de dollars de revenus de fixed income pour les dix plus grands établissements, soit un recul de 40% par rapport au premier trimestre 2009 qui avait marqué un rebond après la faillite de Lehman Brothers.
Les banques pâtissent de l’attentisme des investisseurs, inquiets de l’évolution macroéconomique et des taux d’intérêt, après l’inflexion de la politique monétaire de la Fed l’an dernier. Elles doivent aussi s’adapter aux nouvelles réglementations (règles Volcker, Tarullo pour les banques étrangères actives aux Etats-Unis, etc) et rendre des comptes dans le scandale du marché des changes qui fait suite à la manipulation des taux interbancaires Euribor et Libor.
«En 2013, les revenus globaux de fixed income ont baissé de 15%. La tendance sera reconduite en 2014», estime Pierre Reboul, associé senior chez Roland Berger. Dans ce contexte, les effectifs pourraient être de nouveau réduits, tout comme les bonus des opérateurs du fixed income. Ces derrniers ont déjà baissé de 5 à 15% au titre de 2013, quand ceux des traders actions progressaient de 5 à 20%, selon le cabinet Johnson Associates, spécialiste des rémunérations.
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