Les bonus de la City sont promis à une baisse drastique
L’année 2011 a été difficile pour les financiers de la place londonienne. Selon les prévisions du cabinet d’études économiques CEBR (Centre for Economics and Business Research), les bonus versés fin 2011-début 2012 ne devraient pas dépasser les 4,2 miliards de livres (4,7 milliards d’euros), soit un peu plus du tiers du montant perçu au plus fort de l’activité bancaire en 2007-2008 (11,6 milliards de livres). Il s’agit du plus bas niveau depuis le millésime 2002. Au titre de 2010, le montant total des bonus avait atteint 6,7 milliards de livres. Les variables versé en février ou mars prochains seraient donc en baisse de 38%.
Selon le CEBR, l’activité de la place financière londonienne a été considérablement limitée par la crise dans la zone euro. Un certain nombre de banques ont d’ores et déjà annoncé des résultats en berne au titre de leur troisième trimestre. La diminution de l’enveloppe des bonus est aussi une très mauvaise nouvelle pour le Trésor britannique qui ne devrait récolter cette année que 2,5 milliards de livres d’impôts comparé à 6,8 milliards de livres dans les années pré-récession, fait remarquer l’institut.
Les prévisions ne sont pas très optimistes pour l’année suivante où les bonus ne devraient pas dépasser les 4,16 milliards de livres. Une amélioration n’est pas attendue avant 2015-2016, où les rémunérations variables atteindraient 4,648 milliards de livres. Le cabinet d’études économiques n’anticipe cependant pour le moment aucun retour aux périodes fastes des années avant la crise.
Cette baisse drastique des bonus devrait s’accompagner d’une chute significative du nombre d’emplois dans la City: le cabinet économique a ainsi révisé ses prévisions à la baisse et prévoit désormais une réduction de 27.000 emplois à Londres cette année. Ce qui ramène le nombre d’emplois financiers à 288.000 dans la capitale britannique, très loin des records atteints en 2007 (354.000). L’année 2012 ne devrait marquer aucune amélioration, avec un chiffre attendu de 287.937 salariés. Selon le CEBR, les dernières estimations en matière de bonus et d’emplois fragilisent encore plus le rôle de Londres comme centre financier international, réduisant ainsi de plus en plus l’écart avec les centres asiatiques à l’image de Hong Kong et de Singapour.
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