Les BFI d’UBS et de Credit Suisse sont menacées par le ratio de levier
Le modèle de banque universelle d’UBS et de Credit Suisse est sur la sellette. «Les banques doivent déterminer si elles maintiennent leur (activité de) banque d’investissement ou si elles se concentrent davantage sur la gestion d’actifs», a déclaré dimanche la ministre suisse des Finances Eveline Widmer-Schlumpf, au Schweiz am Sonntag.
Cet appel à une séparation des activités fait écho au débat sur les banques too big to fail (trop grosses pour faire faillite), récurrent en Suisse depuis le sauvetage d’UBS en 2008. Il a fait plonger leur cours de Bourse hier, de plus de 5% pour Credit Suisse et 4% chez UBS.
La ministre estime que les deux groupes systémiques devraient afficher un ratio de levier compris entre «6% et 10%», contre 3% minimum sous Bâle 3. La Finma, le régulateur bancaire suisse, leur impose pour le moment un ratio de fonds propres sur engagements bruts (non pondérés du risque) de 4,2% minimum en 2015. UBS atteint déjà ce niveau au 30 septembre, et Credit Suisse affiche un levier de 3,5% après la conversion en obligations contingentes (CoCos), le 1er octobre, de titres détenus par le Qatar.
Pour atteindre 6%, UBS devrait lever 20 milliards de francs suisses (16,2 milliards d’euros) et Credit Suisse 33 milliards, estime le Schweiz am Sonntag. Des règles plus dures menacent aussi leur modèle d’activités. UBS envisage de filialiser vers mi-2015 ses activités suisses de banque de détail et commerciale, voire sa gestion de fortune domestique, révèle son dernier rapport trimestriel.
Les deux géants suisses pourraient réduire la voilure en BFI en élaguant davantage leur fixed income (produits de taux, change et matières premières), estiment les analystes de JPMorgan. UBS a déjà fermé depuis l’an dernier une grande partie de son pôle de fixed income, et Credit Suisse vient d’annoncer une restructuration de ses activités de taux. L’avenir de leur BFI ne sera toutefois pas être tranché avant février 2015, après la remise d’un rapport sur les établissements too big to fail.
Outre le ratio de levier, la Finma impose son Swiss finish au calcul des actifs pondérés du risque (RWA), essentiel pour déterminer la solvabilité. L’ampleur des risques juridiques encourus par UBS l’a ainsi conduite à relever ses exigences de RWA de 28 milliards de francs (+50%) pour la première banque suisse. UBS a du coup repoussé d’au moins un an son objectif d’un rendement de fonds propres de 15% en 2015.
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