Les banques italiennes et espagnoles ont eu largement recours à la LTRO
De nombreuses banques n’ont encore pas précisé si elles avaient utilisé la seconde facilité à trois ans mise en place par la BCE (long term refinancing operation, LTRO), et à quelle hauteur. Les établissements français ont suivi cette démarche. Seul François Pérol, le président de BPCE, a déclaré que le groupe n’y participerait pas. Les autres établissements ont toutefois précisé qu’ils n’avaient pas besoin d’y prendre part et que seul l’intérêt économique de l’opération – étant donné le taux de 1% auquel l’argent est prêté – dicterait leur décision.
En l’état actuel des chiffres publics ou officieux (voir tableau), les établissements italiens et espagnols ont largement sollicité le guichet de la BCE. Les groupes transalpins cumuleraient 139 milliards, soit un quart du total (une proportion proche de la LTRO de décembre). Soit «140 milliards d’euros de new money à un coût compris entre 1 et 2%, dépendant du collatéral déposé à la BCE. C’est bien inférieur au coût disponible sur les marchés, mais le montant absolu n’est pas suffisant pour modifier les fondamentaux du secteur», estime Luigi Tramontana, analyste chez Banca Akros. Net des lignes que les nouveaux emprunts ont remplacées, le montant de liquidités nouvelles atteint 80 milliards.
Impression similaire concernant l’Espagne. «Les 130 milliards nets supplémentaires (60 en décembre et 70 en février) injecteraient 4 à 5 milliards d’euros de bénéfices dans le système bancaire. […] En bref, la LTRO sert davantage les cours de Bourse que les fondamentaux ou la visibilité des bénéfices», indique Alejandro Ruyra, analyste chez Kepler. Les banques britanniques en ont aussi profité, à l’image de Lloyds, qui a emprunté l'équivalent de 11 milliards de livres.
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