Les banques d’investissement se trouvent à l’heure de choix radicaux
A quelques exceptions près, les établissements devront faire des choix radicaux dans le nouveau monde de la banque d’investissement, estime le Boston Consulting Group (BCG) dans son dernier rapport sur le secteur.
Après une forte chute en 2010 et 2011, les revenus n’ont crû que de 2%, calcule le cabinet. Plus inquiétante est la dégradation du rendement des fonds propres (RoE), sous l’effet des contraintes imposées par le législateur et les régulateurs. Alors que le RoE des banques d’investissement se situait précédemment entre 15% et 20%, le BCG estime que les mesures en cours d’application l’ont ramené à 10-13%. Les restrictions à venir (sur les dérivés ou la séparation d’activités) devraient absorber trois points de RoE supplémentaires. Des rendements inacceptables pour les actionnaires.
Dans ce contexte, les investissements dans les systèmes d’information seront vitaux et établiront une nouvelle hiérarchie. «Par les moyens qu’ils y consacrent, les quelques établissements de premier plan sur les marchés de capitaux, qui tirent en particulier leur force des activités sur les marchés de taux, change et matières premières (FICC), seront hors d’atteinte sur un modèle généraliste», expliquent Philippe Morel et Gwenhaël Le Boulay, associés au BCG. Si le cabinet n’évoque aucun nom, on peut penser à JPMorgan, Goldman Sachs, Deutsche Bank et Barclays. Cette catégorie, que le BCG nomme «powerhouses», pourrait retrouver des RoE autour de 16% grâce aux économies d’échelles.
Les autres devront se spécialiser et regrouper ou sous-traiter des pans d’activités entiers. Les grandes banques portées sur les actions souffrent et pourraient devenir des «institutions de haute couture», spécialisées dans les produits pour une clientèle sophistiquée (hedge funds, banques privées…). On pense à la Société Générale en dérivés actions.
En tirant profit des relations de proximité tissées avec leurs clients, en particulier les entreprises, d’autres seront «expertes en relation»; peu volatiles, ces activités pourraient dégager des RoE de 13-14%. Ce modèle fait penser à beaucoup de banques françaises. Enfin, les spécialistes du conseil rejoindront un groupe déjà formé d’acteurs comme Lazard ou Rothschild. Pour finir, la sous-traitance pourrait faire émerger des acteurs non bancaires, comme les fournisseurs de systèmes d’information.
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