Les banques d’investissement auront difficilement une rentabilité à deux chiffres
Si les banques d’investissement ont déjà abaissé leurs objectifs de rentabilité, de 25% avant 2008 à 12-15% désormais, la réalité devrait encore se révéler inférieure, selon une étude Roland Berger. «Les banques européennes et américaines enregistreront en moyenne un RoE (rendement des fonds propres) de l’ordre de 8-10% en 2012, qui pourrait tomber encore plus bas si aucun levier n’était activé», explique Eric Sebbagh, directeur d’études chez Roland Berger.
Pour atteindre 8-10%, «les banques devront faire évoluer leur portefeuille d’activités, en revoyant leur approche sur certains produits devenus moins rentables, à l’image des financements structurés sur lesquels les banques françaises étaient fortement positionnées. Elles devront par ailleurs travailler sur leurs coûts, en poursuivant les réductions d’effectifs», détaille Bruno Perrin, directeur d’études chez Roland Berger. Sur les 25.000 réductions de postes annoncées par les seize plus grandes banques mondiales mi-2011, 15.000 seulement avaient été effectivement supprimés à la fin de l’année, souligne l’étude.
Dans le cadre d’un scénario plus optimiste, s’appuyant largement sur le développement des revenus, via un redéploiement des activités, le RoE pourrait dépasser ces 10%, sans toutefois retrouver immédiatement les niveaux passés.
«Les banques doivent pour ce faire développer des produits à plus forte marge, renforcer la relation client, et s’orienter vers les marchés émergents, toutefois déjà occupés par des banques régionales très ambitieuses», relève Bruno Perrin.
A horizon trois à cinq ans, «les banques ne devraient pas être en mesure de renouer avec les rentabilités des années 2000, notamment en Europe où le secteur doit composer avec de nouvelles normes réglementaires», estime Bruno Perrin.
Par ailleurs, «des mouvements de rapprochement émergeront, car certains acteurs échoueront dans leur repositionnement et ne seront pas en mesure d’atteindre une taille critique pour dégager suffisamment de rentabilité», indique Eric Sebbagh.
Selon Roland Berger, les banques devraient dévoiler de piètres performances au titre du deuxième trimestre, comparativement au premier. «Les revenus dégagés par le secteur sur 2012 devraient s’établir entre 200 et 260 milliards d’euros», déclare Eric Sebbagh. Ces revenus atteignaient 230 et 265 milliards d’euros en 2011 et 2010.
Plus d'articles du même thème
-
L’AFG va envoyer une délégation au Canada en novembre
L’Association française de la gestion (AFG) est en train de mettre sur pied une délégation pour se rendre dans la capitale canadienne Toronto, les 23 et 24 novembre 2026. -
Le régulateur britannique introduit ses règles sur la numérisation de fonds
La Financial Conduct Authority apporte des clarifications sur la tenue du registre numérique des porteurs de parts de fonds. -
Aberdeen promeut Marianne Zangerl à la tête des solutions multi-actifs et alternatives
La société de gestion annonce également l'arrivée de Mark Meiklejon.
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
Contenu de nos partenaires
-
MultirécidivistePrésidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut du second tour, pour la quatrième fois
Dimanche, au 20 heures de TF1, Jean-Luc Mélenchon devait officialiser sa quatrième candidature à la présidentielle. Un départ anticipé, devenu sa marque de fabrique, avec en ligne de mire ce duel de second tour, sans cesse prophétisé mais jamais concrétisé, face au RN -
Matignon, on a un problèmeCroissance nulle : le crash budgétaire menace
Avant même l'impact de la guerre au Moyen-Orient, la croissance a calé au premier trimestre. La (mauvaise) nouvelle a surpris Bercy. Les hypothèses du gouvernement sont déjà hors d'atteinte. La pression monte sur le Premier ministre -
EditorialCarburants : TotalEnergies, plus responsable que toute la classe politique
Dans un concert d'impostures, TotalEnergies maintient le plafonnement de ses prix, alerte sur une possible crise de l'approvisionnement, prépare l'avenir en consacrant un tiers de ses investissements aux énergies bas carbone, s'affirme comme un acteur clé de la souveraineté énergétique française