Les banques danoises souffrent d’un mode de financement hypothécaire à risque

S&P estime que les investisseurs pourraient se lasser de souscrire aux émissions à court terme destinées à financer des prêts de très longue durée
Patrick Aussannaire
S&P estime que les investisseurs pourraient se lasser de souscrire aux émissions à court terme destinées à financer des prêts de très longue durée - Photo : Bloomberg
S&P estime que les investisseurs pourraient se lasser de souscrire aux émissions à court terme destinées à financer des prêts de très longue durée - Photo : Bloomberg  - 

Le débarquement du directeur général de Danske Bank met en lumière les risques auxquels est confronté l’ensemble du système bancaire danois. Eivind Kolding a été recruté il y a seulement dix-neuf mois sur la promesse faite aux investisseurs qu’ils pourraient compter sur de meilleures notes de crédit pour accroître leurs rendements. Non seulement il n’y a eu aucun relèvement de note, mais les actionnaires de la plus importante banque du pays ont dû absorber une émission de nouvelles actions d’un montant de 1,3 milliard de dollars, destinée à renforcer ses fonds propres.

Ole Andersen, le président de l’établissement considéré comme «too big to fail», a persisté lundi dans sa stratégie en indiquant que «la première des priorités est de retrouver la notation qui devrait être la nôtre». Pourtant, la tendance est tout autre. Dans un entretien accordé à Bloomberg, Per Tornqvist, analyste chez S&P, a mis en garde les banques du pays sur une possible dégradation de leurs notes. Et le gouvernement peine à imposer au parlement de renforcer les exigences en termes de fonds propres minimum. Une condition avancée par les agences de notation pour réduire le risque systémique du Danemark, pourtant noté AAA.

Environ 50% des emprunteurs danois refinancent leurs créances hypothécaires chaque année, ce qui génère un montant d’émissions annuel de quelque 228 milliards de dollars, soit près de 66% du PIB du pays. Per Tornqvist rappelle que la part d’investisseurs étrangers dans ce marché reste faible à l’heure actuelle, mais que son augmentation pourrait constituer un risque important pour le système. S&P estime que les investisseurs pourraient se lasser de souscrire aux émissions d’obligations à court terme émises par le secteur pour refinancer des prêts hypothécaires dont la maturité peut aller jusqu’à 30 ans. Le marché hypothécaire pèse 500 milliards de dollars au Danemark.

«L’inadéquation du modèle de financement inhérent au secteur présente un risque, et les prêteurs doivent prendre des mesures sur les deux prochaines années pour réduire leurs besoins de financement, ou ils verront leurs notes dégradées», alerte l’agence. Nordea Kredit, filiale de prêts hypothécaires de Nordea Bank, a suivi Realkredit Danemark en proposant des prêts refinancés par des obligations d’une maturité de trois ans, avec un taux d’intérêt réévalué tous les six mois.

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