Les activités de taux continuent à pénaliser les banques américaines
Trimestre après trimestre, la tendance se confirme. Les activités de trading fixed income, qui recouvrent les taux, changes, matières premières, ne portent plus les banques américaines. Le recul de 15% sur un an du produit net bancaire de la division chez Goldman Sachs explique la baisse de 19% du résultat net du groupe au dernier trimestre 2013.
Sur l’année, les revenus du fixed income, à 8,6 milliards de dollars, sont les plus faibles depuis le début de la crise financière. Citigroup a dévoilé lui aussi une baisse de 15% de ses revenus sur un an au dernier trimestre, tandis que JPMorgan a limité la casse (-7%).
Ces replis contrastent avec la bonne performance du primaire actions et du conseil en fusions acquisitions. Porté par la reprise des volumes, notamment des ventes de blocs et des introductions en Bourse aux Etats-Unis, Goldman Sachs a plus que doublé ses revenus en ECM (equity capital markets), à 622 millions de dollars au dernier trimestre. Sur l’ensemble de 2013, la hausse atteint 68%, à 1,66 milliard.
Mais la reprise du corporate finance ne parvient pas à compenser le recul du fixed income compte tenu du poids relatif des deux pôles. Et les revenus du trading actions sur le marché secondaire continuent de fondre. Il reste aussi à mesurer à l’avenir les effets de la règle Volcker, certes amendée, sur un groupe dont une bonne part des profits vient du compte propre.
La rentabilité d’une pure firme de Wall Street comme Goldman Sachs demeure donc largement inférieure aux grandes années d’avant la crise, avec un RoE à 11% en 2013, malgré le soutien de la politique accommodante des grandes banques centrales. Pour compenser, le groupe dirigé par Lloyd Blankfein n’a d’ailleurs cessé de réduire la part des rémunérations (salaires, bonus et éléments différés) rapportée au total de ses revenus depuis 2008. Cette proportion est tombée à 37% l’an dernier, un point de moins qu’en 2012.
Le recul du fixed income chez les banques américaines devrait se retrouver dans les publications des banques européennes, avec un effet de base défavorable liée à la forte activité sur les dettes de la zone euro fin 2012. «Parmi elles, Deutsche Bank reste la plus engagée dans le fixed income et devrait dégager encore le plus haut niveau de revenus, mais la banque a perdu des parts de marché face aux poids lourds américains», estimait hier Kepler Cheuvreux.
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