«Les grandes capitalisations européennes nous semblent légèrement surévaluées»
L’Agefi - Les marchés boursiers européens peuvent-ils encore offrir des opportunités après leur fort rebond ?
Paul Middleton - A court terme, les grandes capitalisations européennes nous semblent légèrement surévaluées. Prenons l’exemple de l’une de nos participations, Siemens : le titre se négocie actuellement à un niveau de valorisation comparable à ses plus hauts niveaux historiques (20 fois le ratio cours/bénéfice) et est considéré comme cher, avec une évaluation supérieure de 2 écarts-types par rapport au MSCI All Countries World. Récemment en situation de surachat, nous avons réduit notre position. Siemens s’est considérablement amélioré en termes de qualité au cours des cinq dernières années, en recentrant son portefeuille sur trois piliers clés : Digital Industries, Smart Infrastructure et Mobility. La croissance s’accélère, notamment avec la reprise de Digital Industries (son activité d’automatisation) après un creux cyclique. Nous investissons également dans Deutsche Börse, la principale place boursière européenne, qui a récemment retrouvé ses niveaux de valorisation les plus élevés. Nous pensons que la croissance peut s’améliorer en Europe, notamment avec le plan de relance des infrastructures en Allemagne, qui semble sur le point d’être approuvé, et qui pourrait potentiellement accélérer la croissance des bénéfices des entreprises européennes.
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Comment pourrait se redresser Wall Street après une période de volatilité ?
Le marché boursier américain pourrait continuer à progresser, malgré les droits de douane, à condition qu’il y ait plus de clarté sur le calendrier, les acteurs concernés et l’ampleur de ces mesures. Nous avons observé en mars 2018, lors de l’instauration des droits de douane sur la Chine, que le marché est revenu à la normale à l’instant où la situation est devenue plus claire. Il n’est pas évident de savoir si le marché craint la guerre commerciale ou l’incertitude qui l’entoure, mais nous penchons plutôt pour la seconde hypothèse. Les décisions des entreprises sont retardées dans l’attente d’une clarification, ce qui pourrait avoir un impact sur la croissance économique. Nous sommes encore loin du regain d’enthousiasme économique qui était attendu après les élections, et l’optimisme s’est complètement effacé. Il y a deux mois, l’ambiance était radicalement opposée : personne ne parlait des risques liés à l’agenda présidentiel, mais comme souvent, nous pensons que la réponse se situe quelque part entre ces deux extrêmes.
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