Les actions alignent les records sans exubérance
Pas un jour sans nouveau record sur les marchés actions. A Wall Street mais aussi en Europe. Vendredi, l’indice Stoxx 600 en a enregistré un dixième d’affilée, à 475 points (+1%), après une progression de 3,2% depuis fin juillet, 4,6% depuis un mois et plus de 19% depuis le début de l’année. A Paris, le CAC 40, l’un des derniers indices européens à ne pas avoir retrouvé son plus haut historique, n’est plus qu’à quelques points de son record du 4 septembre 2000 (6.922 points), terminant vendredi à 6.896 points (+0,2%) après avoir touché un plus haut de 6.913 points en séance. Les valeurs européennes ont enregistré une quatrième semaine consécutive de hausse, une première depuis 2006. Les marchés actions continuent d’être portés par les bons résultats du deuxième trimestre et la vague de fusions-acquisitions cet été, malgré la propagation rapide du variant Delta.
Et cette progression vers les sommets s’est faite malgré le dégonflement, ces derniers mois, de la plupart des bulles qui s’étaient constituées sur le marché. «Six mois se sont écoulés depuis que nous avons souligné la formation de mini-bulles dans plusieurs domaines mais leur dégonflement n’a pas nui au marché actions», relève Mislav Matejka, stratégiste actions chez JPMorgan.
Correction des excès
Parmi les segments du marché qui avaient inquiété au premier semestre, interprétés comme les signes d’une nouvelle exubérance sur les marchés, beaucoup ont fortement corrigé. Les Spac (special purpose acquisition companies) ont chuté depuis le premier trimestre de 27%. Les introductions en Bourse affichent également de moins bonnes performances, l’indice IPO reculant de 29%. Secteur en vogue en début d’année, porté par la frénésie autour des valeurs liées à la transition énergétique, l’hydrogène a chuté de 34%. Le bitcoin aussi a connu une correction de 53% jusqu’à son point bas de juillet avant de se reprendre au cours des dernières semaines. «Ces poches de valeurs se sont révélées trop petites pour avoir un impact sur le sentiment de l’ensemble du marché», explique le stratégiste de JPMorgan.
Par ailleurs, la volatilité, si elle reste plus élevée que lors du cycle précédent (16 pour le VIX), a atteint un niveau bas depuis le début de la crise sanitaire. L’indice S&P 500 a évolué depuis le début du mois d’août entre 0 et 0,5%, ce qui ne lui était pas arrivé depuis novembre 2019, relève Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank.
Marché bien valorisé, en absolu
Mislav Matejka reconnaît que les marchés actions sont bien valorisés mais uniquement en absolu. En relatif, notamment par rapport aux obligations, les actions ne seraient pas si chères. L’écart entre le rendement sur bénéfice et le rendement des obligations est encore attrayant, selon le stratégiste (400 points de base pour les valeurs américaines). Il en est de même pour les dividendes même si leur rendement a nettement diminué. Les flux vers les actions sont résilients, les conditions de financement restent attrayantes et les défauts sont en baisse tandis que la liquidité, même si elle a probablement atteint son pic, devrait rester élevée. Autant de soutien pour les actions d’autant que les perspectives de résultats ont été relevées après la bonne saison du deuxième trimestre.
Prudence sur la croissance
Les stratégistes de Bank of America se montrent plus prudents sur la trajectoire de croissance. «La dynamique de croissance mondiale s’essouffle, avec un PMI composite américain en baisse de 9 points par rapport au pic de la reprise en mai, un PMI manufacturier chinois au plus bas depuis plus d’un an et le rebond du PMI composite de la zone euro qui perd de l’élan, notent ces derniers. L’augmentation récente des infections au Covid-19 causées par la souche Delta est l’une des principales raisons pour lesquelles nous nous attendons à ce que la croissance continue de ralentir, plutôt qu’accélérer.» Un constat, conforté par une chute de la confiance des ménages aux Etats-Unis, qui les amène à redevenir neutre sur les valeurs européennes avec l’anticipation d’une baisse prononcée de l’indice PMI composite de la zone euro d’ici le quatrième trimestre cohérente avec un Stoxx 600 à un niveau d’environ 460 points.
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Washington - Donald Trump a annoncé une opération à partir de lundi pour débloquer des navires coincés depuis deux mois dans le Golfe et évoqué des discussions «très positives» avec l’Iran, qui a soumis un plan en 14 points pour résoudre le conflit avec les Etats-Unis. Avec un changement de ton radical par rapport à la veille, le président américain, qui a déclenché les hostilités contre l’Iran le 28 février avec Israël, a évoqué dimanche soir «un geste humanitaire» et de «bonne volonté», au moment où des discussions semblent se concrétiser entre Washington et Téhéran par l’intermédiaire du Pakistan. A partir de lundi matin heure locale, la marine américaine escortera au travers du détroit d’Ormuz des navires de pays «qui n’ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient», a annoncé Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Il a toutefois averti que si cette opération, baptisée Project Freedom («Projet Liberté»), devait être entravée par l’Iran, cela «devrait malheureusement être traité par la force». Depuis le début des hostilités, l’Iran bloque le détroit d’Ormuz, par lequel transite d’ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Washington a répliqué début avril en bloquant à son tour les ports iraniens. Le nombre de navires commerciaux présents dans le Golfe s'élevait à 913 le 29 avril, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de navires gaziers, a indiqué jeudi l’entreprise spécialisée dans le suivi maritime AXSMarine. Quelque 20.000 marins seraient concernés, selon un haut responsable de l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO. «Beaucoup de ces navires subissent des pénuries de nourriture et de tout ce qui est nécessaire pour permettre aux équipages de rester à bord de façon saine», a souligné Donald Trump. Encore vendredi, son administration avait mis en garde les navires qui paieraient les autorités de Téhéran pour passer le détroit d’Ormuz, les avertissant qu’ils s’exposaient à des sanctions. Le blocage du détroit a fait flamber les cours du pétrole au plus haut depuis 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les prix se replient lundi à la reprise des échanges sur les marchés asiatiques, avec un baril de Brent, la référence mondiale, en baisse d’environ 1,5% autour de 106 dollars, bien loin des 126 dollars dépassés jeudi. «Je peux vous dire que nous sommes en train d’asphyxier le régime, qu’ils ne sont plus en mesure de payer leurs soldats», a assuré le ministre américain au Trésor, Scott Bessent, en référence au blocus des ports iraniens. «Au cimetière» Depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, Téhéran a instauré de facto des droits de passage pour franchir le détroit. Un conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei a encore menacé dimanche de couler des navires de guerre des Etats-Unis et d’envoyer leurs forces «au cimetière», qualifiant Washington de «pirate». La situation entre les deux pays est bloquée depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes israélo-américaines sur l’Iran et de représailles de Téhéran dans la région. Entre le détroit d’Ormuz et le volet nucléaire, les points de discorde restent si importants que les efforts pour relancer les négociations ont échoué, malgré une première rencontre directe au Pakistan le 11 avril. Pour redonner une chance aux discussions, Téhéran a soumis une nouvelle proposition à Washington, qui y a répondu, a indiqué dimanche la diplomatie iranienne. «La partie américaine (...) a transmis ses points de vue à la partie pakistanaise; nous examinons cela et formulerons la réponse appropriée», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. Donald Trump avait affirmé samedi qu’il allait étudier la proposition, sans pouvoir imaginer qu’elle soit «acceptable». Le président américain doit choisir entre «une opération militaire impossible ou un mauvais accord avec la République islamique», ont rétorqué les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique iranienne. Selon l’agence Tasnim, Téhéran réclame dans son plan en 14 points: le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus des ports iraniens et du gel des avoirs du pays, le financement de réparations, la levée des sanctions, un «mécanisme» concernant le détroit d’Ormuz et «la fin de la guerre sur tous les fronts y compris au Liban». Le dossier nucléaire ne figure apparemment pas dans le plan, or il s’agit d’une question centrale pour les Etats-Unis et Israël, qui accusent l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique - ce que l’intéressé dément. Sur le front libanais, après avoir de nouveau appelé des localités du sud du pays à évacuer, Israël a mené des frappes qui ont fait un mort et blessé huit personnes, dont quatre secouristes, a annoncé le ministère libanais de la Santé. les bureaux de l’AFP à Téhéran et Washington © Agence France-Presse -
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