Les acquéreurs étrangers ont délaissé les entreprises françaises en 2012
Sur un marché mondial des fusions et acquisitions en baisse de 9% à 1.900 milliards de dollars en 2012, l’Europe occidentale a subi de manière contrastée l’impact négatif de la crise de la zone euro sur le comportement des investisseurs, montre le dernier rapport d’Allen & Overy (M&A Index) qui analyse les opérations d’une valeur au moins égale à 100 millions de dollars.
Les entreprises britanniques ont ainsi enregistré un repli de 38,5% de leurs acquisitions à l’étranger à 64,4 milliards de dollars (sur 88 transactions contre 122 en 2011); elles ont été dépassées par les entreprises nippones dont les rachats à l’étranger ont augmenté de 55,5% pour atteindre 103,5 milliards. Mais la valeur des transactions réalisées par des acquéreurs étrangers sur des cibles britanniques est restée quasiment stable (+0,4% à 86 milliards), avec un nombre d’opérations en très légère érosion (108 contre 110). Derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni reste donc la deuxième destination mondiale pour les acquéreurs étrangers «à la faveur d’une économie relativement stable, d’une abondance d’entreprises raisonnablement valorisées et d’un environnement favorable aux opérations», commente le cabinet d’avocats.
A contrario, l’appétit des investisseurs transfrontaliers pour les entreprises françaises a considérablement diminué d’une année sur l’autre, comme en témoigne la chute de 58% à 16,4 milliards de dollars de ces opérations dont le nombre est passé de 39 à 31. Quant aux rachats d’actifs étrangers réalisés depuis l’Hexagone, ils ont reculé de près de 27% à 34,1 milliards (avec 36 transactions contre 65 en 2011), ce qui rétrograde la France de la 4e à la 7e place sur ce critère, juste derrière l’Allemagne.
Les entreprises d’outre-Rhin ont en effet profité d’une économie domestique plus dynamique pour passer de la 10e à la 6e place des acquéreurs transfrontaliers, avec une hausse de 26,5% à 39,4 milliards de leurs transactions (sur 43 opérations contre 32 l’année précédente). L’intérêt des investisseurs étrangers pour ce pays s’est enfin traduit par une progression de près de 19% à 32,5 milliards des transactions conduites sur des cibles allemandes, en dépit d’un nombre d’opérations plus faible d’une année sur l’autre (51 contre 56). En valeur, ceci a permis à l’Allemagne de se hisser de la 6e à la 4e place sur ce segment de marché.
{"title":"","image":"79223»,"legend":"fusions acquisitions»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
L’ampleur du plan allemand peine à convaincre les économistes
Le paquet de 34 réformes annoncées jeudi 2 juillet va de la fiscalité au marché du travail en passant par la compétitivité, l’Etat social et la réduction de la bureaucratie. Promis depuis l’automne 2025, il est avant tout destiné à prouver aux Allemands que le gouvernement de Friedrich Merz peut agir et se mettre d’accord sans susciter de querelles internes. Certains aspects positifs pourraient cependant être contrebalancés par d’autres décisions à venir. -
Thales fait parler les synergies pour emporter Exail
Trois jours à peine après l'abandon des discussions entre Safran et Exail, Thales a signé un accord avec le groupe Gorgé en vue d'acquérir le spécialiste de la robotique. Pour les marchés, la logique industrielle semble mieux respectée. -
Le marché primaire high yield frôle l’indigestion
Deux émissions de CPI Property et d’HelloFresh ont été difficilement placées. Le marché est cher et laisse peu de place aux situations les plus limites, quel que soit le prix, surtout après une vague massive d’émissions au cours des deux derniers mois. Les investisseurs se veulent disciplinés et prudents.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Menace, pardon et unité : Jordan Bardella au défi du rassemblement
A la veille de la décision de la cour d'appel de Paris qui pourrait faire de lui le candidat du RN à l'Elysée, Jordan Bardella soigne son image de rassembleur. Il multiplie les gestes envers les différentes sensibilités du parti, mais ne parvient pas à dissiper les craintes d'une purge -
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon