L’émission inaugurale du MES a agi comme un aimant auprès des investisseurs
Le Mécanisme européen de stabilité (MES) a dignement fêté son premier anniversaire. Inauguré officiellement le 8 octobre 2012, le dispositif de gestion des crises financières en zone euro a en effet bouclé hier avec succès sa toute première émission obligataire à long terme (après celles de billets de trésorerie depuis janvier), en l’occurrence à 5 ans, sous la houlette de SG CIB, JPMorgan et HSBC.
L’émetteur a levé 7 milliards d’euros contre 5 milliards initialement prévus, sous le coup d’une demande «absolument colossale» selon Frédéric Gabizon, responsable des marchés primaires obligataires chez HSBC, de 21 milliards d’euros représentant tout de même trois fois l’offre finale. Les banques responsables de l’opération ont fermé le livre d’ordres riche de 208 lignes hier matin après 45 minutes seulement. Le MES a présenté une offre très agressive en termes de prix. L’obligation arrivant à échéance le 15 octobre 2018 et portant un coupon de 1,25% a été présentée à un taux inférieur de 1 point de base au taux de référence midswap (contre +1 pb initialement envisagé) procurant un rendement absolu à l’émission de 1,288%.
Klaus Regling, le directeur général du MES, n’a pas manqué de se féliciter du succès de l’opération. Il s’attend à voir le MES «continuer à attirer un large panel d’investisseurs, qui devraient être particulièrement encouragés par sa solide structure de capital». Les investisseurs ont en effet répondu présents en dépit d’un rendement moindre que celui du FESF (Fonds européen de stabilité financière) qui lui a passé le relais pour les nouveaux programmes de soutien auprès des banques ou des Etats.
Outre un niveau de capital de 80 milliards d’euros qui devrait être atteint en avril prochain, le MES présente comme avantage pour l’investisseur d’avoir vu le jour dans le cadre d’un traité européen et non d’un accord international. Frédéric Gabizon ajoute que les investisseurs sont sensibles à la pérennité du nouveau mécanisme par rapport à un FESF qui fonctionne sur la base de garanties d’Etats et non de capital appelé.
Le MES a confirmé hier que son programme d’émission à long terme s’élevait à 9 milliards d’euros pour cette année et à 17 milliards en 2014. Les analystes de la Société Générale attendent «une courbe complète (des maturités) d’ici un an ou deux».
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