L'échec de l’introduction en Bourse de Facebook continue de faire des vagues dans la finance

Citigroup proteste auprès de la SEC, estimant que les 62 millions de dollars de réparation proposés par le Nasdaq sous-estiment les préjudices subis
Antoine Landrot
La cotation de Facebook le 23 août sur le site du Nasdaq. Photo: PHB/Agefi
La cotation de Facebook le 23 août sur le site du Nasdaq. Photo: PHB/Agefi  - 

Le fiasco de l’introduction en Bourse de Facebook le 18 mai dernier continue d’apporter son lot de litiges entre ses différents protagonistes. Citigroup a incité la SEC (Securities and Exchange Commission) à refuser la proposition de dédommagement d’OMX Group, la maison-mère du Nasdaq, aux parties lésées à la suite de l’incident technique survenu au moment de l’opération.

Dans un courrier envoyé au régulateur, auquel les agences Reuters et Bloomberg ont eu accès, la banque considère que la responsabilité du marché des valeurs technologiques dépasse largement les 62 millions de dollars que ce dernier propose de régler; elle se chiffre à plusieurs centaines de millions de dollars, selon elle.

Le Nasdaq avait proposé une première fois une indemnisation de 40 millions de dollars, dont 27 millions sous forme de réduction de frais de courtage. Ce qui avait déjà déçu et inquiété. Son rival Nyse Euronext avait déclaré qu’il «serait injuste et nuisible à la concurrence». Les plates-formes de marché Direct Edge et Bats Chi-X avaient également protesté.

Aux Etats-Unis, les obligations réglementaires des Bourses sont en général compensées par une limitation de leurs responsabilités juridiques. Mais Citigroup estime que dans ce cas précis, le Nasdaq agissait en qualité de société à but lucratif – et non pas comme un régulateur de marché. Il ne devrait donc pas jouir d’une immunité.

Selon Reuters, qui citait une source anonyme en mai, l’équipe de market-making de Citigroup aurait perdu 20 millions au premier jour de la cotation de Facebook. Le teneur de marché Knight Capital situait la sienne entre 30 et 35 millions. La totalité des pertes subies par les teneurs de marché et les courtiers dépasserait, selon certaines estimations, les 500 millions de dollars. L’incident technique a également coûté 349 millions de francs suisses à UBS au deuxième trimestre, l’une des banques organisatrices de l’introduction de Facebook. La banque helvète se réserve le droit de poursuivre le Nasdaq.

Au-delà de l’incident technique, l’introduction de Facebook provoque une multitude de litiges. Le bancassureur belge KBC et sa filiale KBC Asset Management se sont joints à une action collective menée aux Etats-Unis contre le réseau social. «Nous avons des présomptions que le prospectus d’introduction en Bourse de Facebook ne reflétait pas correctement la réalité, par exemple en ce qui concerne les revenus publicitaires en ligne», expliquait hier Stef Leunens au quotidien belge L’Echo.

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