Le trading dans les banques sera plus gourmand en capital
Le Comité de Bâle rouvre le débat sur les activités de trading des banques. Le régulateur international a ouvert hier une consultation sur les exigences en capital qui sont liées à ces activités. La régulation a déjà été modifiée en 2009 avec les règles de Bâle 2.5 mais, selon le Comité, elle n’est toujours pas satisfaisante. Dans un document très technique d’une centaine de pages, il détaille donc les changements qui pourraient être apportés au cadre réglementaire existant.
Il souhaiterait d’abord revoir la différenciation entre le portefeuille bancaire (banking book) et le portefeuille de négociation (trading book). Pour savoir si un instrument financier doit être classé dans ce dernier, il s’agit de déterminer si la banque a «l’intention de l’échanger». Selon le Comité, ce critère est bien trop subjectif. Si bien que pendant la crise, des banques ont fallacieusement affirmé qu’elles comptaient échanger des instruments pour les classer dans le portefeuille de négociation et diminuer leurs besoins de capital.
Le régulateur a renoncé à supprimer les deux catégories pour des raisons pratiques. Mais il propose plusieurs méthodes pour affiner leur définition. Les banques pourraient avoir à démontrer qu’elles sont bien en mesure de négocier les instruments du portefeuille de négociation en les valorisant à la valeur de marché sur une base quotidienne.
Le Comité considère également que «les exigences en capital pour le portefeuille de négociation sont devenues trop dépendantes des modèles internes des banques qui reflètent une vision privée des risques». Il ajoute que le recours à un modèle interne plutôt qu’à une «approche standard» se heurte à la création de règles du jeu équitables pour tous les acteurs.
Selon le régulateur, il faut donc exiger que toutes les banques calculent aussi leurs exigences en capital selon l’approche «standard». Puis, cette valeur devrait converger avec le calcul en méthode avancée, par exemple à travers l’imposition d’une surcharge en capital. Les deux approches seraient également révisées. Les banques devraient par exemple remplir des critères plus stricts pour pouvoir utiliser des modèles internes.
Enfin, le Comité propose de calculer les risques autrement qu’en utilisant le concept de «value-at-risk». Les intéressés ont jusqu’au 7 septembre pour répondre à la consultation.
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