Le superviseur américain tacle les grands cabinets d’audit
Le Public Company Accounting Oversignt Board (PCAOB), qui supervise la profession des experts comptables aux Etats-Unis, n’est pas tendre avec les «Big 4» Ernst & Young (E&Y), PricewaterhouseCoopers (PwC), Deloitte et KPMG. Les inspections menées en 2010 – et publiées cette année – mettent en évidence les nombreuses erreurs et négligences de ces cabinets d’audit.
Dans l’examen du superviseur rendu public jeudi dernier, E&Y s’est notamment fourvoyé dans l’évaluation de produits financiers en valeur de marché utilisés par certains clients. Les auditeurs n’auraient pas suffisamment poussé leurs investigations pour comprendre les méthodes de valorisation utilisées par les directions des sociétés. D’autres négligences ont été relevées, concernant notamment les contrôles internes, la valorisation des inventaires et les dépréciations.
Sur les 63 audits menés en 2010 et passés en revue par le PCAOB, 13 se sont révélés problématiques. Un taux d’erreur de 20,6% largement supérieur à celui enregistré l’année précédente, lorsque 8,6% des audits avaient présenté des déficiences. La réponse du cabinet est fuyante: «En désaccord avec des propos particuliers concernant notre travail, nous acceptons de manière générale certaines conclusions du rapport et nous avons mené des actions là où cela était possible.»
Les rivaux d’E&Y ne sont pas épargnés. Ils affichent des taux d’erreur plus mauvais encore, et tous en aggravation par rapport à 2009. La proportion d’audits non satisfaisants a grimpé de 12% à 39% pour PwC et de 13% à 23% pour KPMG.
Le PCAOB a aussi détecté des erreurs dans 45% des audits de Deloitte (sur 58 inspections), contre 22% l’année précédente. L’une d’elle était «d’une telle ampleur qu’il est apparu aux inspecteurs [du superviseur] que les auditeurs n’avait pas obtenu suffisamment d’éléments pour remplir les objectifs de leur mission», indique son rapport. Les procédures internes de Deloitte ont en outre déjà fait l’objet d’un rapport particulier plus tôt dans l’année, portant sur des inspections de 2007. Il a conduit un panel de sénateurs à lancer une enquête sur les standards d’audit de cette firme, qui conduit toujours certaines missions pour le gouvernement américain.
Le PCAOB a été créé en 2002 dans la foulée de la promulgation de la loi Sarbanes-Oxley sur la gouvernance et la comptabilité des entreprises, à la suite du scandale Enron.
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