Le Royaume-Uni va frapper le premier dans l’épineux dossier du forex
L’enquête entamée en juin 2013 par le régulateur britannique concernant une manipulation du marché des changes serait proche d’aboutir à ses premières sanctions. Selon Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier, la Financial Conduct Authority (FCA) pourrait annoncer dès cette semaine un accord avec plusieurs grands acteurs de ce marché concernant le versement d’une amende globale avoisinant 1,5 à 2 milliards de livres (2,5 milliards d’euros).
Les négociations, qui concernent les banques Citigroup, Barclays et UBS, trois acteurs majeurs du marché des changes, ainsi qu’HSBC, JPMorgan et RBS, permettraient à Londres de frapper un grand coup dans ce dossier épineux. Egalement visée dans l’enquête menée par la FCA, Deutsche Bank, numéro un du secteur, ne serait en revanche pas partie prenante de l’accord.
La City, qui en 2013 a concentré 41% de ce marché représentant des volumes quotidiens de 5.300 milliards de dollars (4.250 milliards d’euros), souhaite en effet redorer son blason et celui de son régulateur. Le mois dernier, le directeur du FCA, Martin Wheatley, avait ainsi estimé que le fait que les enquêtes sur les manipulations du Libor, lancées début 2012, soient toujours en cours «n’est pas un bon message». Ces dernières ont déjà occasionné plusieurs amendes individuelles, pour un montant jusqu’ici limité à 532 millions de livres.
Pour l’heure, le scandale de la manipulation du marché des changes a conduit à plusieurs départs de responsables et de traders ainsi qu’à d’importantes provisions pour litiges. Une quinzaine d'établissements collaborent avec d’autres régulateurs dans le cadre d’enquêtes similaires, notamment aux Etats-Unis. JPMorgan et UBS ont par ailleurs indiqué coopérer à une enquête criminelle du ministère de la justice américain.
Sans préciser le montant exact lié à l’avancée du dossier des changes, JPMorgan a augmenté au troisième trimestre de 1,3 milliard de dollars ses provisions pour procédures légales en cours, et UBS de 1,8 milliard de francs suisses (1,5 milliard d’euros). Fin octobre, Citigroup a de son côté revu à la baisse de 600 millions de dollars ses résultats pour tenir compte de «l’évolution rapide» des enquêtes la visant. HSBC a pour sa part provisionné 387 millions de dollars en vue d’une éventuelle amende de la FCA, contre respectivement 500 millions et 400 millions de livres, chez Barclays et RBS.
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