Le risque politique revient perturber l’Italie
La perspective d’élections anticipées en Italie pèse sur la performance des obligations d’Etat du pays. Le rendement italien à 10 ans s’est tendu d’environ 10 pb au cours de la semaine écoulée à un niveau de 2,20%, alors que les autres rendements de la zone euro sont orientés à la baisse. Le spread italien à 10 ans face au Bund s’est ainsi écarté de 20 pb en une semaine, pour remonter à un niveau de 190 pb qui est toutefois inférieur pour le moment à celui enregistré mi-avril au cœur des inquiétudes quant à l’issue de l’élection présidentielle en France. Le rendement 10 ans italien s’est aussi écarté de l’OAT française à hauteur de 18 pb, et des rendements espagnols et portugais, de 15 et 10 pb.
Matteo Renzi favorable à des élections en septembre
«Les rumeurs d’élections anticipées en Italie ont entraîné une poussée d’achat d’obligations des pays cœur de la zone euro. Ce mouvement est amplifié par la faible liquidité avec la fermeture des marchés américains et britanniques [lundi]», explique ING. L’ancien chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, s’est prononcé dimanche dans un entretien à Il Messaggero en faveur d’élections anticipées en Italie dès le mois de septembre, en même temps que les élections générales en Allemagne «dans une perspective européenne». Si le Président italien Sergio Mattarella, seul à pouvoir dissoudre le Parlement, souhaite que le scrutin se déroule comme prévu courant 2018, un accord semble néanmoins se dessiner entre les partis sur la réforme de la loi électorale, qui ouvre la voie à l’organisation de nouvelles élections.
L’écartement des spreads italiens atteint de 60 à 80 pb depuis un an face aux autres pays de la zone. Si le taux 10 ans italien était inférieur à celui de l’Espagne il y a un an, il le dépasse aujourd’hui de 70 pb et l’écart ne cesse de croître. Cette divergence se retrouve dans les rythmes de croissance, à 0,8% en Italie, contre 1,7% en moyenne en zone euro et 3% en Espagne. «Dans un contexte très favorable, la sous-performance chronique de l’économie italienne, alors que le pays ne fait plus l’objet de mesure de rigueur budgétaire, pose des questions sur le potentiel de croissance du pays. Le cas du Portugal, qui semblait condamné à une croissance proche de 1% jusqu’à mi-2016, mais qui a depuis nettement accéléré, montre qu’une surprise favorable est toujours possible», indique Lazard Frères Gestion.
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