Le retrait de cote de Heinz et Dell écrase le marché du capital-investissement
Heinz et Dell ont pulvérisé les records. Le retrait de cote de ces deux sociétés, annoncé en février, représente 60% du volume global des opérations de capital-investissement au premier trimestre, indique une étude du cabinet Preqin. Cela permet au secteur d’afficher le plus haut niveau d’activité observé depuis le troisième trimestre 2007, au temps des valorisations stratosphériques de l’avant subprime.
A fin mars 2013, les fonds d’investissement ont investi 87 milliards de dollars (66 milliards d’euros) à l’échelle mondiale, contre 41 milliards il y a un an. Le rachat de Heinz pèse à lui seul 28 milliards de dollars, celui de Dell 24,4 milliards. Les troisième et dixième plus grosses opérations du trimestre, Gardner Denver aux Etats-Unis et 7 Days Inn Group en Chine, ont également donné lieu à des sorties de la Bourse.
Le reste du marché fait grise mine. Le nombre d’opérations a chuté de 770 à 665 sur un an. 80% d’entre elles sont valorisées moins de 250 millions de dollars. Deux tiers tombent même dans la catégorie des moins de 100 millions de dollars. L’Europe est particulièrement à la traîne. Le volume des opérations sur le Vieux Continent a chuté de 64% par rapport au dernier trimestre 2012, à seulement 9 milliards de dollars. Deux opérations supérieures à un milliard d’euros ont tout de même été annoncées: Cerved en Italie et CMS Bakery Supplies aux Pays-Bas.
Les Etats-Unis ont logiquement concentré 82% du volume et 56% du nombre d’opérations des fonds d’investissement. L’acquisition du géant du ketchup par Berkshire Hathaway, la société de Warren Buffett, et par 3G Capital, le fonds brésilien actionnaire de Burger King, est toutefois entachée de soupçons de délits d’initiés : le FBI et de la SEC, le gendarme boursier américain, ont ouvert des enquêtes sur le dossier Heinz.
Le retrait de cote de Dell a été orchestré par Microsoft et le fonds Silver Lake. Il doit permettre au fondateur Michael Dell de reprendre le contrôle de son entreprise, après une tentative avortée en 2010. L’opération devrait être bouclée au printemps 2014 mais le pari est osé. Le fabricant d’ordinateurs vaut aujourd’hui cinq fois moins qu’en 1999.
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