Le régulateur américain veut tirer les leçons de la chute de Knight Capital
La Securities and Exchange Commission veut contrôler davantage les systèmes technologiques des opérateurs boursiers
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Solenn Poullennec
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Photo : REA
Le gendarme américain des marchés boursiers, la Securities and Exchange Commission (SEC), s’apprête à obliger les bourses et plates-formes d’échange à mieux contrôler leurs systèmes électroniques et à informer les utilisateurs et régulateurs en cas de problème. «Même s’il est impossible de prévenir toutes les erreurs des opérateurs de marché liées à leur technologie, nous devons nous assurer que nos règles sont conçues pour minimiser leur impact sur les marchés et au final sur les investisseurs», a expliqué la présidente de la SEC, Elisse B. Walter la semaine dernière, en présentant la nouvelle régulation.
Les représentants de la SEC ont rappelé que les problèmes de marché liés à la technologie se sont multipliés au cours des dernières années. En octobre 2011, Direct Edge a perdu près de 2,1 millions de dollars en liquidant des positions qu’il avait prises par erreur. Au printemps 2012, Bats Global Market a dû renoncer à son introduction en bourse pour des problèmes techniques et Nasdaq a dû indemniser les victimes de l’introduction ratée de Facebook. Des problèmes technologiques ont même conduit Knight Capital au bord de la faillite l’été dernier. Après avoir subi une perte de plus de 461 millions d’euros, l’opérateur a été racheté par Getco. En janvier 2013, Bats a reconnu que, pendant quatre ans, il avait passé des ordres qui ne respectaient pas la régulation américaine sur le meilleur prix.
Cette série noire a poussé la SEC à imposer un nouveau cadre aux opérateurs de marchés pour gérer leur technologie. Il existait bien des règles à ce sujet mais elles étaient vieilles de plus de vingt ans et n’étaient pas contraignantes. Entre autres, les bourses et plates-formes alternatives devront tester avec leurs utilisateurs leur capacité à réagir à des problèmes techniques et informer la SEC et leurs utilisateurs en cas de difficultés.
Ces règles soumises à consultation pour deux mois complètent celles déjà adoptées par les régulateurs américains depuis le flash crash du 6 mai 2010, qui avait vu les prix de 300 valeurs décaler de plus de 60% par rapport à la normale. La SEC a par exemple imposé des coupe-circuits qui stoppent la négociation des titres quand ils évoluent anormalement. Elle a aussi interdit les stub quotes, ces ordres passés à un prix extrêmement élevé ou bas par des teneurs de marché. La SEC a enfin renforcé la régulation sur les brokers.
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