Le redressement du capital-risque attend confirmation

Malgré une hausse des investissements au premier semestre en France, l’amorçage présente un encéphalogramme quasiment plat
Antoine Landrot
Le redressement du capital-risque attend confirmation - Photo : Fotolia
Le redressement du capital-risque attend confirmation - Photo : Fotolia  - 

Après deux exercices 2011 et 2012 difficiles, au cours desquels les investissements des gérants de capital-risque avaient reculé de 25%, l’argent a de nouveau afflué vers les start-up au premier semestre 2013: selon l’indicateur de Chausson Finance, 421 millions d’euros ont été injectés dans les jeunes entreprises – un montant qui n’avait pas été atteint depuis le second semestre 2010.

«La période précédente a été marquée par une forte chute des fonds fiscaux [FIP et FCPI], causée par la baisse des avantages liés à ces placements. En outre, beaucoup de fonds sont arrivés en fin de période d’investissement en 2012», indique Sabine Fillias, directrice générale de Chausson Finance. En revanche, les collectes de véhicules supérieurs à 100 millions d’euros, lancées ou closes au même moment (Partech International VI, Ventech Capital F, Alven Capital, 360° Capital Partners, etc.), se sont traduites par un regain des investissements au premier semestre 2013. La tendance se poursuit aujourd’hui, avec la collecte de 100 millions d’euros réalisée par Serena Capital en septembre.

«Le deuxième semestre étant généralement meilleur que le premier, on peut espérer que 2013 sera meilleur que 2012, donc supérieur à 800 millions d’euros», indique Sabine Fillias. Mais le contexte général n’ayant pas évolué, la tendance sera-t-elle durable ? Car certains sujets, comme la fiscalité, mais aussi la pression réglementaire (Solvabilité 2 et Bâle 3), ne s’inverseront pas à court ni à moyen termes.

Le secteur ne devrait pas manquer de cibles: comme la directrice générale le remarquait déjà il y a six mois, «on n’a jamais vu un tel foisonnement du côté des créations d’entreprise et d’incubateurs». Mais si les projets arrivent à financer leur lancement grâce à un tissu de business angels plus étoffé et dynamique en France qu’il y a quelques années et au traditionnel love money, l’étape suivante (l’amorçage, ou seed money) ne donne aucun signe d’amélioration.

«Le seed s’écrase totalement», remarque Sabine Fillias. Il n’a représenté que 5% des montants investis au premier semestre 2013, comme six mois plus tôt. Signe que le fossé se creuse, la part des montants consacrés au premier tour recule également, passant de 24% à 18%. La levée du fonds d’Alven, consacré à l’amorçage, devrait apporter de l’oxygène, de même que les véhicules collectés par les grandes entreprises. Il n’est pas certain que cela suffise à long terme.

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