Le recentrage des activités prend de l’ampleur dans les fusions et acquisitions
La huitième édition de l’étude annuelle du Boston Consulting Group (BCG) consacrée aux fusions et acquisitions met en lumière l’impact grandissant des opérations de cessions de filiales sur ce marché. Ce type de transactions a représenté à l’échelle mondiale «45% de l’ensemble des opérations en 2011, contre 40% en moyenne au cours des deux décennies précédentes». De plus, un quart des dirigeants européens interrogés par le cabinet de conseil s’attend à effectuer des désinvestissements cette année, soit une progression de 4 points en 2 ans.
Si les deux tiers des OPA détruisent de la valeur actionnariale à long terme, quelques grands groupes industriels comme Philips, Unilever, BP, Invensys ou Siemens, sont parvenus à créer régulièrement de la valeur en procédant à des cessions d’actifs, de filiales ou de pans entiers d’activité. Grâce à cette politique de recentrage, ils augmentent leur flexibilité financière pour renforcer leur présence sur des marchés en croissance, tout en allégeant le poids de leurs activités sous-performantes.
Mais l’étude souligne que pour avoir un effet positif sur le cours de Bourse ou la rentabilité opérationnelle du cédant, ces désinvestissements doivent avoir une taille d’autant plus importante que la structure de bilan de l’entreprise est tendue. Les investisseurs apprécient en outre les opérations rapidement bouclées. «La performance boursière moyenne sur un an liée aux sociétés ayant parachevé leur cession dans les deux mois suivant l’annonce est supérieure de 4 points à celles dont la transaction est toujours en cours 12 mois plus tard», indique le BCG.
Cette politique de rotation du portefeuille d’activités devrait être favorisée par des candidats au rachat qui ne manquent plus. On constate en effet une reprise de l’activité des fonds de capital-investissement, qui disposaient en mai dernier d’un trésor de guerre global de 375 milliards de dollars. Le nombre et la valeur des opérations impliquant des fonds de private equity ont augmenté de respectivement 12% et 38% en 2011.
Le principal problème de ces intervenants n’est pas lié au financement mais plutôt «à la qualité des actifs potentiellement rachetés», souligne l’étude. Les groupes asiatiques, principalement indiens et chinois, sont également devenus des acquéreurs très dynamiques, à la recherche de cibles européennes ou américaines dans des secteurs de plus en plus diversifiés.
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