Le rapport sur le financement des PME par le marché n’est toujours pas sorti
Bercy ne s’intéresserait-il plus au financement des PME par le marché? Le rapport commandé en juin 2011 sur cette question par la ministre de l’Economie Christine Lagarde à Gérard Rameix, médiateur du crédit, et à Thierry Giami, président de l’Observatoire du financement des entreprises par le marché, a bien été remis au ministre des Finances fin décembre. Mais depuis, silence radio.
Du bout des lèvres, Bercy concède que le rapport devait être dévoilé le 2 février dernier à l’occasion du lancement des fonds d’investissement dans les PME et ETI cotées. Mais la veille, le cabinet de François Baroin a repoussé sine die l’annonce de ce fonds sans raison. Elle pourrait toutefois être programmée pour lundi prochain 13 février. Le ministère n’était pas disponible pour confirmer cette date.
Le silence de Bercy sur ce sujet est d’autant plus assourdissant que certains acteurs de la Place se démènent pour financer les PME. A l’image du premier FCP obligataire dédié aux ETI qui vient d’être créé (L’Agefi du 8 février 2012), ou de ce fameux fonds de 160 millions, abondé à hauteur de 40 millions par la Caisse des dépôts, et de 120 millions par une douzaine d’assureurs (Axa, Aviva, Cardif, CCR, CNP, etc.), qui aurait dû être annoncé la semaine dernière.
Les propositions de la mission Rameix-Giami ne semblent pas satisfaire Bercy pour rester ainsi cachées. De fait, le rapport devrait souligner l’insuffisance des initiatives prises par Nyse Euronext en faveur des PME, comme le clament beaucoup d’acteurs depuis de nombreux mois. Aussi, le rapport pourrait promouvoir la mise en place d’une Bourse alternative dédiée aux PME et ETI, en partenariat ou non avec Nyse Euronext. Le LSE s’est déjà déclaré prêt à créer une plate-forme en France à condition qu’il soit le bienvenu. La Bourse de Stuttgart serait également prête à collaborer.
Par son silence, Bercy semble opter pour un statu quo et ainsi prendre la défense de Nyse Euronext. Pourtant, alors que l’entreprise de marché américano-européenne vient d’essuyer l’échec d’une fusion avec Deutsche Börse, notamment pour des raisons de monopole sur les dérivés, elle continue à conserver un monopole sur les valeurs moyennes cotées en France... Or, dans un contexte particulièrement difficile pour le financement des PME, mais aussi pour les intermédiaires de marché spécialisés en valeurs moyennes, la publication de ce rapport semble d’autant plus urgente.
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