Le rapport de force au sein de la Fed va être bouleversé
Le départ surprise de Stanley Fischer de son poste de vice-président laissera quatre sièges vacants sur sept à combler début 2018 au sein du conseil de la Fed.
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Patrick Aussannaire
Janet Yellen, présidente de la Fed, entourée de membres du Board.
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Photo Fed.
L’annonce surprise mercredi soir de la démission du vice-président de la Fed, Stanley Fischer, a relancé les paris quant à la possible succession de Janet Yellen à la tête de l’autorité. Stanley Fischer avait en effet été nommé par Barack Obama en 2014 pour un mandat censé expirer en juin 2018, soit 4 mois après la fin du mandat de Janet Yellen en février prochain. Si l’actuel vice-président, qui devrait quitter ses fonctions dès mercredi prochain mais participera à la prochaine réunion du FOMC les 19 et 20 septembre, est resté vague en évoquant dans sa lettre des «raisons personnelles» à sa démission, il a récemment critiqué l’administration Trump sur sa volonté de revenir sur les mesures de régulation du secteur financier, et notamment sur les stress tests des banques américaines.
Garantir l’indépendance de l’institution
«Cette démission de Stanley Fischer est une occasion pour Donald Trump de choisir rapidement les deux principaux responsables de la Fed dans les prochains mois», explique Aurel BGC. Lloyd Blankfein, l’ancien patron lorsqu’il était chez Goldman Sachs de Gary Cohn, principal conseiller économique du président américain, a estimé hier que ce dernier ferait du «très bon travail» en tant que président de la Fed. Les rumeurs qui courent depuis plusieurs semaines sur sa possible nomination à la place de Janet Yellen par Donald Trump ont vite été calmées par le Wall Street Journal, jugeant le scénario peu probable. «Donald Trump ayant été formel sur ses intentions de maintenir les taux à un niveau bas et en faveur de la nomination d’un Républicain, un des choix possibles serait Jerome Powell», estime Legg Mason.
Mais la refonte de la Fed s’annonce plus profonde. Si Randal Quarles a déjà été nommé au board, en charge de la régulation financière, quatre des sept sièges seront vacants début 2018, Lael Brainard et Jerome Powell étant assurés de conserver le leur.
Donald Trump va ainsi pouvoir bouleverser les rapports de force au sein du FOMC, alors que les «Républicains veulent depuis longtemps réduire l’indépendance de la Fed en l’obligeant à suivre une règle monétaire du type Taylor, ce qui lui ôterait ainsi toute capacité de jugement», rappelle Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis AM. William Dudley, le président de la Fed de New York, a néanmoins rappelé en août que l’indépendance de la Fed est garantie depuis 1952 par la loi et ajouté que l’administration Trump lui avait jusqu’à présent «laissé les coudées franches».
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