Le private equity reste une classe d’actifs prisée des investisseurs
Malgré la difficulté rencontrée par les fonds de LBO à trouver des financements auprès des banques, le capital-investissement (ou private equity) semble avoir de beaux jours devant lui. Les conclusions du 16e baromètre semestriel réalisé par Coller Capital auprès de 101 investisseurs institutionnels (limited partners, ou LP) confirment celles des précédents: dans leur majorité, les pourvoyeurs des fonds ne se détournent pas de cette classe d’actifs.
Ainsi, 42% des investisseurs interrogés lors de l’enquête prévoient d’accroître leur allocation dans les trois à cinq prochaines années. Une proportion identique entend augmenter son activité de co-investissement direct (dans des sociétés au côté des fonds), tandis que les fonds de fonds secondaires confirment leur retour en grâce pour les années à venir.
Malgré tout, 19% des sondés entendent réduire leur exposition. Si le baromètre ne l’explique pas, les banques européennes font probablement partie des acteurs qui se détournent du private equity, en raison du surcoût de fonds propres qu’il provoquera sous le nouveau régime prudentiel de Bâle 3.
Les LP conservent dans l’ensemble une bonne opinion dans le capital investissement, tout en restant critiques envers les pratiques de certains gérants, pour deux principales raisons. D’une part, la surperformance par rapport aux autres classes d’actifs, à plus de 90% pour les investisseurs européens et américains. D’autre part, la réduction du risque, grâce à la diversification qu’il apporte et à sa faible volatilité relative (pour 75% des LP américains et asiatiques et 64% des européens).
Le contexte qui prévaut semble leur donner raison sur ces points. «Les investisseurs conçoivent leur politique d’allocation de manière globale. En dépit des excès qu’a connus le LBO dans les années 2005-2008, la classe d’actif du private equity est beaucoup moins volatile que les marchés actions, qui ne se sont pas relevés du crash de 2009. Cette volatilité s’est en outre propagée aux dettes souveraines depuis 2011», explique François Aguerre, directeur d’investissement chez Coller Capital.
Les pratiques des dirigeants de certaines sociétés cotées depuis plusieurs années ont également pu participer au discrédit dont souffre le marché d’actions, comme la hausse injustifiée de certaines rémunérations des dirigeants ou des augmentations de capital fortement dilutives pour les actionnaires existants.
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