Neil Harper, responsable fonds de fonds de private equity chez Morgan Stanley AIP, pointe le manque de constance et de spécialisation des gérants européens
Publié le
Fabrice Anselmi
«Le private equity européen doit encore mûrir» - Photo : Fotolia
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- L’Agefi : Pouvez-vous nous rappeler l’approche de Morgan Stanley AIP dans le capital-investissement ?
- Neil Harper : Morgan Stanley AIP ne gère que des fonds de fonds de private equity, de fonds de hedge et d’immobilier. Pour le private equity, notre programme comprend cinq séries de véhicules pour un total de 10 milliards de dollars sous gestion pour compte de tiers, avec une contribution modique de la banque. Morgan Stanley a par ailleurs des activités de private equity direct : globale, spécifique à l’Asie, mezzanine. Notre équipe compte 30 investisseurs spécialisés (sur 220 salariés pour Morgan Stanley AIP), et nous investissons nos fonds de fonds en primaire, pour 60% environ, et en secondaire et co-investissements, pour 40%.
- Le fonds de fonds primaire a-t-il toujours autant d’utilité que lorsqu’il permettait à de nouveaux investisseurs de découvrir cette classe d’actifs ?
- Oui, sinon, comment choisir entre les quelque 10.000 fonds de private equity dans le monde, ou même les milliers au niveau européen ? Le besoin est moins évident si on ne s’intéresse qu’au large LBO (leveraged buy-out) : un investisseur peut alors choisir seul entre les 40 ou 50 fonds concernés. Mais ce segment de marché est très concurrentiel en termes de prix et de processus, rendant plus difficile la création de valeur. Pour les autres segments, un investisseur doit avoir la capacité et le temps de rencontrer les gérants, d’étudier leur historique, de déceler ceux qui peuvent se différencier dans une approche prospective. Pour notre part, nous ciblons essentiellement les fonds de LBO small et midcaps, avec un peu de capital-développement et de situations spéciales.
- Quelle est votre vue spécifique sur l’Europe ?
- Nous apprécions particulièrement les gérants small et midcaps vraiment spécialisés sur un secteur (services financiers, télécoms, santé…) ou sur une géographie (Europe centrale et de l’Est, Scandinavie, France…). L’agrégation via un fonds de fonds de très bons spécialistes vaut souvent mieux qu’une sélection de généralistes. Partant de là, nous n’avons jamais vraiment modifié notre allocation sur l’Europe, généralement située entre 25% et 35% de nos portefeuilles. Il existe des opportunités, mais les gérants européens doivent afficher plus de discipline par rapport à leur stratégie, à leur taille de fonds, ne pas en changer en fonction des marchés. Ils ont aussi intérêt, de notre point de vue, à expliquer clairement ce qui les différencie sur moyen/long terme.
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