Le président de la BEI ne privilégie pas une augmentation de capital
Même si nous ne sommes pas une panacée, la Banque européenne d’investissement et le Fonds européen d’investissement allons jouer un rôle significatif» dans la concrétisation du plan de relance de l’investissement annoncé par Jean-Claude Juncker, a confirmé mercredi à Luxembourg le président de la BEI.
Les engagements du groupe ont déjà progressé de 37% en 2013 grâce à une augmentation de capital de 10 milliards décidée en 2012. Mais il devrait à nouveau être sollicité pour abonder les 300 milliards d’investissement public et privé sur trois ans du plan Juncker. Tous les documents de travail circulant à ce sujet font de la banque publique un des principaux instruments de ce plan.
La BEI peut prendre plus de risque tout en conservant son rating «si l’on arrive à améliorer la capacité de couverture des risques», a expliqué son président. Pour autant, il ne veut pas encore ouvrir le débat sur une augmentation de capital. «D’abord des idées et ensuite une demande de capital supplémentaire», a-t-il dit. Lors de la rencontre informelle des ministres des Finances à Milan le 13 septembre, la BEI a reçu le mandat d’identifier les projets d’investissement en mal de financement.
La piste privilégiée pour l’instant consiste à utiliser des fonds du budget européen ou des fonds nationaux pour garantir les engagements de la BEI. Un projet pilote a été lancé en Italie où un programme de soutien aux PME financé par la BEI pour 100 millions d’euros a été garanti pour le même montant par le Trésor italien. «Un euro dépensé en subvention disparaît. Un euro utilisé en garantie aura un effet multiplicateur d’au moins 10», a expliqué Werner Hoyer.
Outre des fonds publics nationaux, des fonds européens devraient être utilisés pour garantir les activités de la BEI ou être apportés au Fonds européen d’investissement qui finance des instruments de dettes ou du capital essentiellement au bénéfice des PME.
La décision de procéder à une augmentation de capital pourrait toutefois intervenir plus tard dans l’année. Début septembre, l’actuel commissaire en charge des Affaires économiques et monétaires Jyrki Katainen, futur vice-président de la Commission, avait déclaré : «c’est une des options d’augmenter le capital de la BEI pour augmenter sa capacité de prêt.» En 2011, la banque avait obtenu des 28 Etats qui constituent son actionnariat qu’ils libèrent 10 milliards de cash sur les 220 milliards de capital souscrit «après une longue bataille», a rappelé son président.
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