Le nombre de sociétés sous LBO en difficulté devrait au mieux stagner

En 2011, 14% des entreprises sous LBO n’ont pu respecter leur échéancier bancaire, contre 19% en 2010 et 24% en 2009, selon les chiffres de l’Afic
Virginie Deneuville

Les sociétés sous LBO en difficulté verraient leur poids diminuer en France. En 2011, 14% des entreprises ayant fait l’objet d’une opération de capital transmission n’ont pu respecter leur échéancier bancaire, contre 19% en 2010 et 24% en 2009, selon le dernier baromètre annuel réalisé par l’Afic (Association des investisseurs pour la croissance) et OpinionWay.

Selon l’étude, qui se base sur les réponses de 69 membres sur 132 totalisant 925 participations, il convient toutefois de se garder d’un «excès d’optimisme, d’une part parce que certains dossiers recapitalisés depuis le début de la crise ont fait l’objet de «congés» de ratios, d’autre part parce que la situation économique est très rude et peut conduire à de nouvelles difficultés».

Sur les 14% d’entreprises en difficulté, 7% n’ont pas respecté l’ensemble de leurs ratios mais ont néanmoins respecté leur échéancier. Alors que 1% du panel n’a pas souhaité s’exprimer, 6% des dossiers ont nécessité un rééchelonnement. Cela a été réalisé dans 2% des cas sans apport de fonds propres et dans 3% des cas avec renflouement de capitaux. «Dans 1% des cas, la situation n’est pas résolue», a indiqué Chloé Magnier, chef économiste à l’Afic.

La situation diffère selon la taille des sociétés. Sur les plus petites, ayant nécessité un investissement initial de moins de 20 millions d’euros de la part des fonds, 9% n’ont pas respecté leur échéancier. A contrario, les entreprises dans lesquels les fonds ont investi plus de 100 millions d’euros ont toutes respecté leurs échéances, même si 5% n’ont pu respecter l’ensemble de leurs ratios.

Sur l’ensemble du panel, 3,5% des participations ont fait l’objet d’une procédure collective en 2011: 2% ont eu recours à une procédure de sauvegarde ou de redressement, 0,5% des sociétés ont été mises en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité. «Les sociétés mises en liquidation judiciaire avec cessation d’activité s’élèvent à 1%, ce qui est en ligne, voire inférieur à l’évolution des défaillances globales en France», a relevé Eric Dejoie, vice-président de l’Afic.

En termes de perspectives, 61% des fonds interrogés misent sur une stabilité du nombre d’entreprises en difficulté sur 2012 (contre 42% un an plus tôt), tandis que 14% anticipent un accroissement (3% il y a un an) et 9% un recul (45% lors du précédent baromètre). 16% des fonds n’ont pas souhaité s’exprimer.

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