Le marché mondial des dérivés OTC renoue avec la croissance
Le marché mondial des produits dérivés négociés de gré à gré (over-the-counter, OTC) a vivement rebondi au cours du premier semestre 2013, selon le rapport publié hier par la Banque des règlements internationaux (BRI). Depuis un plus haut historique atteint à fin juin 2011 à 706.884 milliards de dollars, l’encours notionnel des contrats recensés par la BRI avait subi trois semestres consécutifs de repli, avant de progresser de 9,5% à l’issue du semestre écoulé 692.908 milliards.
Le sondage de la BRI couvre les positions de quelque 400 courtiers dans 47 pays (dont 70 dans 13 pays représentent 96% du marché, les autres étant analysés par estimation en dehors d’un sondage trisannuel comme celui à fin juin 2013). La BRI explique «en partie» la hausse du marché par «la poursuite du mouvement de compensation vers les contreparties centrales (CCP) », un même contrat comptant alors deux fois dans le rapport.
Les contrats sur taux d’intérêt se taillent toujours la part du lion, avec 83% du notionnel à fin juin, à 577.269 milliards de dollars (dont 76% de swaps), un montant en progression de 21 et 51% sur 3 et 6 ans quand le marché gagnait respectivement 19 et 36%. Sur le seul dernier semestre, le montant de ces contrats pour les 13 pays scrutés tous les six mois a bondi de 15% à 561.299 milliards. Les dérivés de change, en vogue particulièrement au sein des marchés émergents comme le souligne la BRI, représentent par ailleurs 12% du marché mondial (81.025 milliards, +29% en 3 ans), tandis que le poids des dérivés de crédit a fondu de plus de la moitié en 6 ans, passant de 10,1 à 3,6% (24.845 milliards à fin juin dernier).
En parallèle pourtant à une progression du montant notionnel, la valeur brute de marché, qui mesure le coût de remplacement des contrats ouverts aux valeurs de marché, a baissé de 19% sur six mois à fin juin pour s’élever à 20.158 milliards de dollars. Ce montant cède en réalité du terrain pour le troisième semestre consécutif après avoir atteint 27.307 milliards à fin décembre 2011, bien loin tout de même du plus haut historique et hors norme voisin de 35.000 milliards de dollars observé à fin 2008. Les seuls contrats sur taux d’intérêt ont vu leur valeur brute de marché réduite de 20% sur le semestre écoulé (pour les 13 principaux pays du panel, à 15.155 milliards soit 75% du marché).
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