Le marché immobilier résidentiel britannique perd de sa fougue

Le prix moyen d’un bien a baissé en septembre de 0,2% selon Nationwide, qui vise une consolidation sur des niveaux élevés d’ici à la fin de l’année
Benoît Menou

Le prix moyen d’un bien résidentiel outre-Manche a accusé en septembre un repli de 0,2% par rapport au mois précédent, à 188.374 livres (242.000 euros), selon Nationwide Building Society. Une baisse faisant suite à seize mois consécutifs de hausse et ramenant la progression sur douze mois du marché à 9,4%, contre 11,0% en août.

Le deuxième plus important prêteur immobilier au Royaume-Uni souligne de fortes disparités régionales, marquées notamment par la poursuite de l’envolée du prix moyen à Londres, qui à 401.072 livres en moyenne atteint un nouveau record, 31% au-delà des sommets observés en 2007 (2% pour l’ensemble du pays).

Economiste en chef de Nationwide, Robert Gardner avance que «le rythme de croissance (des prix du marché immobilier) pourrait s’atténuer davantage encore au cours du quatrième trimestre 2014, étant donné la base de comparaison élevée à fin 2013». L’horizon pourtant «reste incertain». Si Robert Gardner a perçu «certains signes» en provenance des agents immobiliers laissant penser que «la demande pourrait commencer à se modérer», la faiblesse des taux d’intérêt et la vigueur du marché du travail «suggèrent que la demande sous-jacente devrait rester solide». Le marché pourrait donc prochainement consolider sur des niveaux élevés. Au-delà, l’économiste Howard Archer chez IHS Global Insight table sur une croissance de 5 à 6% sur 2015.

En dépit en effet d’un contexte macroéconomique local encourageant, passant par une révision à la hausse hier par l’Office des statistiques de la croissance au deuxième trimestre par rapport au précédent, à 0,9% contre 0,8% en première estimation (sur un an la croissance du PIB est confirmée à +3,2% au deuxième trimestre), les efforts des autorités britanniques pour assagir le marché immobilier semblent porter leurs fruits.

Alors que le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, a indiqué que le marché faisait peser un risque potentiel sur la reprise économique, la BoE a avant l’été imposé aux banques des critères plus stricts pour l’octroi des prêts. La banque centrale a annoncé lundi un recul plus important que prévu du nombre de crédits hypothécaires en août, à 64.212 contre 66.100 en juillet. Son comité de politique financière pourrait bien annoncer aujourd’hui une nouvelle salve de mesures prudentielles, ce qui serait «positif pour la stabilité financière à long terme» selon la recherche de RBS.

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