Le marché européen reste une cible de choix pour les fusions et acquisitions
En dépit de ses difficultés économiques, l’Europe reste une destination attrayante pour les fusions et acquisitions, selon 42% des entreprises interrogées au premier trimestre 2013 par «The Economist Intelligence Unit». La deuxième édition de cette enquête mondiale, réalisée pour le compte du cabinet d’avocats Clifford Chance auprès de 370 dirigeants d’entreprises de tous secteurs d’activité, place le Vieux Continent juste derrière l’Asie-Pacifique qui remporte les suffrages de 47% des investisseurs. Loin derrière arrivent le continent américain et la zone Afrique/Proche-Orient, cités par respectivement 31% et 17% des répondants.
Au sein de l’Europe, Le Royaume-Uni et l’Allemagne sont les pays privilégiés pour des opérations de croissance externe, devant la Scandinavie. La France prend la 6e place à égalité avec la Russie. «L’attrait du marché français reste néanmoins élevé dans des secteurs comme la distribution, le luxe ou la santé/pharmacie», commente pour L’Agefi Dessislava Savova, associée au sein de l’équipe Corporate de Clifford Chance à Paris.
Malgré le rebond des marchés actions, les multiples de bénéfices en Europe restent encore inférieurs de plus d’un quart à leur niveau de 2007. Si elle offre des opportunités aux acquéreurs potentiels, cette valorisation suscite l’attentisme des vendeurs qui la jugent insuffisante, 15% seulement des entreprises interrogées ayant l’intention de céder des actifs au cours des 2 prochaines années. «Souvent plus fragiles financièrement, les PME devraient constituer une grande partie des ventes ‘forcées’ à plus court terme, y compris à cause de problèmes de succession découlant de l’arrivée en retraite des générations du ‘baby boom’», relève Dessislava Savova.
Les entreprises interrogées préfèrent à 44% puiser dans leur trésorerie pour financer une acquisition; viennent ensuite les prêts bancaires (25%) et les levées de fonds en Bourse (18%) ou sur les marchés du crédit (17%). Les réponses fournies par les 30 entreprises interrogées en France font ressortir un poids encore plus important du financement par la trésorerie (60%), les prêts bancaires (27%) et le marché de la dette (30%), au détriment des augmentations de capital qui recueillent 3% des suffrages.
Par rapport à l’échantillon global, une plus grande part des responsables français (80% contre 58%) se prononcent en faveur d’une prise de contrôle classique, par opposition à une coentreprise ou à une participation minoritaire.
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